L’actrice et productrice vient de lancer un site ouvert à tous qui permet de protéger son identité en ligne et de consentir, ou non, à ce que son image soit utilisée par les outils d’intelligence artificielle. L’actrice Cate Blanchett, ici au Parlement européen, le 23 juin 2026. « Le consentement humain n’est pas un obstacle au progrès. » Photo Nicolas Tucat/AFP Par Télérama, avec AFP Publié le 24 juin 2026 à 11h47 Elle a fait de la protection des droits des personnes face à la déferlante des outils d’IA son cheval de bataille. Cate Blanchett a lancé, mardi 23 juin, le « Registre du consentement humain », un site gratuit devant permettre à toute personne de protéger son nom, son visage ou sa voix, contre leur utilisation non autorisée par les services d’intelligence artificielle. « À l’ère de l’IA, votre identité est votre propriété intellectuelle, et chacun a le droit de décider comment l’IA peut ou non l’utiliser », a plaidé la star australo-américaine, lors d’un événement organisé au Parlement européen, à Bruxelles. Pour aider les citoyens à faire valoir ce droit, le site confondé par l’actrice et productrice doublement oscarisée est accessible sur rslmedia.org. Il permet à tout individu d’enregistrer les éléments qui forment son identité, et d’autoriser ou non leur utilisation par les systèmes d’intelligence artificielle, dont le nom, l’image ou la voix. Dans un second temps, le site permettra aussi de protéger des créations et des marques. Différents niveaux de consentement Cate Blanchett, qui soutient de multiples causes, avait signé en janvier 2026 une lettre ouverte avec plus de huit cents artistes, accusant les géants de l’IA de « vol ». « Il est essentiel de veiller à ce que la technologie évolue en accord avec nos valeurs et notre vision de l’avenir », a salué l’eurodéputée Eva Maydell (PPE, droite), voyant dans le registre « un outil qui rend les droits transparents, renforce la confiance et place la créativité humaine au cœur du progrès technologique ». RSL Media se veut à la disposition des particuliers, mais aussi des intermédiaires comme les agents ou managers d’artistes. Il est possible de choisir trois niveaux de consentement pour chaque élément enregistré : vert (autorisation sans restriction), jaune (utilisation sous condition) et rouge (interdiction). À charge ensuite pour les plateformes d’IA de vérifier si les contenus qu’elles désirent utiliser sont protégés ou non, ce qui n’est pas, en principe, une obligation légale systématique dans la plupart des juridictions. Défendre les droits des créateurs et des médias À ce propos, la vice-présidente du Parlement, Sabine Verheyen, a appelé à renforcer le cadre réglementaire dans l’UE, qui s’est dotée d’une loi pionnière, l’AI Act, adoptée formellement en 2024. « L’AI Act est une étape importante », mais « nous avons besoin d’obligations de transparence, pour que le public sache quand il regarde des contenus générés par l’IA, et des mécanismes solides, pour que les créateurs gardent le contrôle de leurs propres image, voix et de leurs talents artistiques », a-t-elle souligné. À lire aussi : Le monde du cinéma sonne massivement l’alerte face à “l’hydre dévorante” de l’IA Le Parlement européen a proposé il y a plusieurs mois des mesures pour défendre les droits des créateurs et des médias à l’ère de l’IA. Pour Cate Blanchett, au-delà des obligations légales, c’est aussi dans l’intérêt des services d’IA de respecter la volonté des individus. « Pour les entreprises d’IA, ne pas respecter le consentement et les droits humains, c’est antithétique » de la mission qu’ils revendiquent, a-t-elle fait valoir. Le réalisateur Steven Soderbergh avait également fait le déplacement à Bruxelles, pour apporter son soutien au projet, auquel il a dit participer « avec enthousiasme ». « Nous pensons avoir trouvé un modèle qui fonctionne vraiment bien, tant pour les entreprises que pour la communauté créative. Il est très simple, indépendant, inviolable, ce qui est extrêmement important », a assuré le cinéaste américain dont le dernier film en date, The Christophers, est en salles depuis le 10 juin. À lire aussi : Seedance 2.0 : nouvel épisode dans l’affrontement inévitable entre Hollywood et l’IA Société Cinéma Intelligence artificielle Parlement européen Cate Blanchett Le magazine en format numérique Lire le magazine Les plus lus
Cate Blanchett contre l’IA : “Chacun a le droit de décider comment l’intelligence artificielle peut ou non utiliser son identité”
L’actrice et productrice vient de lancer un site ouvert à tous qui permet de protéger son identité en ligne et de consentir, ou non, à ce que son image soit utilisée par les outils d’intelligence artificielle.










