24 juin 2026 06:46Installée sur la digue de Knokke, la brasserie centenaire Rubens a su trouver la recette qui fait son succès: une cuisine solide, sans fioritures, dans un décor chargé d’histoire.Y a-t-il, à Knokke, un restaurant plus couru que la Brasserie Rubens? Même un mercredi soir ordinaire, il faut faire la file pour décrocher une place sur la terrasse couverte. À l’intérieur, sans réservation, aucune chance. Et même avec, le créneau est limité à deux heures: les tables sont rapidement remises en place pour le service suivant.On ne le devinerait pas forcément tant l’adresse déborde d’énergie, mais la brasserie Rubens fête ses 100 ans. En 1926, ce bâtiment imposant de la Zeedijk a ouvert ses portes sous le nom de Rubens Hotel, alors tout premier établissement de Knokke à proposer de l’eau chaude courante. L’hôtel, lui, a disparu depuis longtemps: les étages ont été transformés en appartements. Le restaurant, au rez-de-chaussée, a tenu bon.Au fil des rénovations menées par la famille propriétaire Vandeperre, la maison a gardé son charme à l’ancienne: profusion de rideaux, tapis rouge, chaises aux motifs travaillés. En uniforme noir et blanc, les serveurs semblent parfaitement à leur place dans ce décor.Lire aussiDes croquettes aux crevettes maison à la Pomme zéebrugeoise, la carte de Rubens célèbre les grands classiques en portions généreuses.Sur la carte bilingue et bien fournie, pas d’effet de surprise, mais une collection de grands classiques: tomate-crevettes (34 euros), américain-frites (26 euros), sole meunière (52 euros)... Les moules (nature, 29 euros) ont, elles aussi, leurs adeptes. Et c’est là une autre clé de son succès: c’est un de ces restaurants devenus rares où l’on sert un plat du jour (24 euros), sans oublier un espace dédié aux plats enfants. On comprend tout de suite pourquoi les familles s’y pressent.Les deux croquettes aux crevettes (22 euros) sont généreuses et nous laissent croire, comme l’annonce le site, qu’elles sont bien roulées à la main. Sous la croûte bien croustillante, la farce est crémeuse; elle n’a pas la profondeur d’une bisque, certes, mais elle laisse apparaître de belles crevettes entières.La Pomme zéebrugeoise (34 euros) joue, elle aussi, la carte de la générosité: une pomme de terre évidée, garnie de pomme de terre écrasée, d’oignon finement haché et de persil, puis littéralement recouverte de crevettes et d’une sauce au vin blanc.Même tonalité pour les plats. Le filet de cabillaud, sauce mousseline (32 euros), tout comme le filet pur grillé (39 euros), arrivent généreux, bien exécutés, sans chichis. Le poisson est même accompagné de deux belles boules de purée.Seule la crème brûlée (10,90 euros) aurait mérité davantage de soin: la crème vanillée est froide, comme sortie du frigo, et le sucre est à peine caramélisé. Cela ne change pourtant pas grand-chose à la conclusion: sur la digue, Rubens continue de faire figure de référence.Cette enseigne a fait l’objet d’une visite anonyme, financée par Sabato.Brasserie RubensZeedijk-Albertstrand 5898300 Knokke-HeistTél. 050/60.35.01www.rubens-knokke.beOuvert 7/7 en continu à partir de 11hDécibelsDans cette salle bondée, l’acoustique surprend par son confort. Les rideaux contribuent probablement à atténuer la réverbération. Moyenne: 68 dB.Addition125,50 euros par personne (69 euros pour les plats et 56,50 euros pour les boissons).BoissonsBelle carte classique: 385 références, beaucoup de grands noms français, avec quelques incursions en Italie et en Espagne. Des bouteilles prestigieuses et des millésimes plus âgés (Château Angelus à 795 euros), mais aussi un muscadet à 35 euros.On y retourne?Une cuisine solide, sans fioritures, dans un décor chargé d’histoire: j’y reviens toujours avec plaisir.Lire plusBruxelles: 4 restaurants incontournables selon notre critique culinaire Yves Mattagne: quand le service en salle redevient spectacleAtelier Noun: une grande hospitalité et d’une précision remarquable; malgré un choix limité