La Béninoise Pélagie Gbaguidi est installée à Bruxelles depuis les années 1990. Elle présente à Bâle son installation "Fragmentation", présentée dans la section "Parcours" par la galerie Fortes D’Aloia & Gabriel.Le résuméÀ la Clarakirche, Pélagie Gbaguidi fait du fragment un espace de méditation sur la violence du monde.Sacs à pain déchirés, cosmovision, Apocalypse relue: l’œuvre relie précarité des corps et extractivisme.Une installation organique, pensée comme récit, réparation et quête de paix intérieure.À Bâle, l'ensemble est exposé à la Clarakirche, non loin de la Messeplatz où se tient Art Basel, du 18 au 21 juin 2026. "Dans cette église protestante, il règne une austérité propice à l'immersion méditative, au silence et à l'écoute. Mon installation, conçue en 2019 pour la Biennale de Lumumbashi, six mois avant le covid, se déploie cette fois sur deux grands murs de la nef", nous explique l'artiste béninoise Pélagie Gbaguidi."J'ai fait un travail d'introspection pour comprendre ce qu'était ma révélation, le sens de ma vie sur Terre."Pélagie GbaguidiArtiste plasticienne Ce volet compte 16 pièces, déployées sur les murs en diagonale, ou en constellation, qui activent cette question: comment construire un désir d'humanité dans un monde d’une violence débridée. Le second volet, réalisé à l'UCO d'Angers avec deux chercheuses, Marion Duquerroy et Nathalie Le Luel, est une réinterprétation de la tapisserie de l'Apocalypse, située à Anger (France). Un mot qui signifie "révélation"."J'ai fait un travail d'introspection pour comprendre ce qu'était ma révélation, le sens de ma vie sur Terre, reprend l'artiste. Ce travail se compose d'une soixantaine de sacs à pain déchirés, puis cousus selon une forme irrégulière évoquant l'inachèvement, ce que j'appelle une cosmovision, images mentales qui parlent de guerre, de prédation, de précarité des corps. Ce n'est ni une œuvre, ni une fresque, mais un ensemble organique dans un espace sensoriel, des morceaux de dessin qui tentent de se composer dans un lieu de questionnement."L'installation "Fragmentation" (2023-2024), de l'artiste béninoise Pélagie Gbaguidi, est exposée à la Clarakiche dans le cadre de la section Parcours d'Art Basel 2026. ©EPAFragments d'ApocalypseLe second volet de "Fragmentation", inscrit dans la série "Quel est le sens de la vie sur terre et la fabrique de la conscience?" a été développé à l'UCO (Université catholique de l'Ouest, Angers), avec les chercheuses Marion Duquerroy et Nathalie Le Luel (dans le cadre de leur "Projet Tramées"). La réinterprétation par Pélagie de la "tapisserie de l'Apocalypse", ensemble de six tapisseries du XIVe siècle représentant le récit de l'Apocalypse décrit dans le Nouveau Testament, s'éloigne de la bible, vers une vision contemporaine et dystopique, née d’un voyage de l’artiste dans une carrière du Congo. Elle y rencontre une communauté de ces femmes casseuses de pierres. "À travers ces femmes et ces corps en déchéance totale, j'ai compris combien, dans cette sorte d'antichambre du capitalisme, le système extractiviste des ressources naturelles, si délétère, violente les corps."Pélagie GbaguidiArtiste plasticienne"Je me suis trouvée dans une carrière avec des milliers de ces femmes et de ces vieillards dans un dénuement total, qui font de l'extraction de minerais servant à fabriquer nos téléphones, et gagnent moins d'un euro par jour. Une vision de fin du monde. À travers ces femmes et ces corps en déchéance totale, j'ai compris combien, dans cette sorte d'antichambre du capitalisme, le système extractiviste des ressources naturelles, si délétère, violente les corps." Elle poursuit: "Et j’observe que cette communauté de femmes opère ce qu'on appelle une 'chorégraphie de la survie'. Six mois après, je comprends que pour raconter cette vision, j'ai besoin d'un support, et ce seront ces sacs de farine et ces sacs à pain, récoltés chez des boulangers de Bruxelles et Anvers. Sur ces sacs, j’inscris le récit de ce que j’appelle ma cosmovision fragmentée, d’où vient mon titre: 'Fragmentation'." ©Courtesy of Art BaselCette création émane de l'hémisphère sud, où Pélagie, qui se définit comme une "griotte", une conteuse d'histoire dans la tradition ouest-africaine, voit "un laboratoire macroscopique de notre monde fragmenté. Née sur le continent africain, je reçois et transmets cet héritage. Dans ce monde déstructuré, c'est un instrument pour retrouver une paix intérieure…"Kanal Collection - Pélagie Gbaguidi
Dans le "Parcours" d'Art Basel, Pélagie Gbaguidi fragmente le monde
La Béninoise Pélagie Gbaguidi est installée à Bruxelles depuis les années 1990. Elle présente à Bâle son installation "Fragmentation", présentée dans la section "Parcours" par la galerie Fortes D’Aloia & Gabriel.











