Publié le 20 juin 2026 à 09:18. / Modifié le 20 juin 2026 à 09:18.

5 min. de lecture

Shayma Nader, qui reconstitue, grâce à une modélisation 3D, le village palestinien de Saydoun, tel qu’il était avant sa destruction durant la Nakba de 1948. Eugenia Poblete, qui, accompagnée d’un métier à tisser sur scène, interroge ce qui reste de la culture mapuche à travers leur pratique du tissage. Vanessa Cojocaru, qui, dans une installation intime entre textes et tissus, revient sur l’arrestation par la Securitate de sa grand-tante roumaine, en 1952. Ou encore Yuck Miranda, qui met en lumière les relations homosexuelles des migrants travaillant dans les mines sud-africaines au début du XXe siècle.

Lire aussi: Face au monde qui saigne, le Belluard, à Fribourg, débute avec une geste intense sur la décolonisation

Comme à son habitude, la 43e édition du festival Belluard qui court du 25 juin au 4 juillet à Fribourg, est cosmopolite – 28 nationalités y seront représentées, 20 langues y seront parlées. Mais plus que jamais, les jeunes artistes de ce rendez-vous contemporain proposent des formes documentaires qui tissent des liens avec le passé, faisant apparaître des ancêtres ou des vestiges oubliés. Pourquoi tant de souci de ce qui a précédé? «Ce sont des histoires individuelles qui ont des significations universelles, commence Elisa Liepsch, à la direction du Belluard. Mais il s’agit aussi de remettre en lumière des résistances que l’entourage a condamnées au secret. Ou de ressusciter des pratiques identitaires oubliées, comme celles du peuple Mapuche.»Ce regard dans le rétroviseur n’est pas le seul mouvement du Belluard, qui a toujours soigné son lien avec la population locale. Cette année, le public pourra passer une nuit entière avec des conteuses ou suivre une poya queer, lors de l’ouverture, qui partira du quartier populaire du Schönberg.