Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Débats Débats Débats Intelligences artificielles génératives Intelligences artificielles génératives Intelligences artificielles génératives Tribune Collectif Un collectif rassemblant des écrivains, des élus, ainsi que des scientifiques, dont le sénateur Alexandre Basquin, les écrivains Annie Ernaux et Abel Quentin, dénonce, dans une tribune au « Monde », le développement effréné des mégacentres de données et appelle au boycott des intelligences artificielles génératives « grand public ». Publié aujourd’hui à 09h00, modifié à 09h36 Temps de Lecture 4 min. Article réservé aux abonnés Du 12 au 19 juin, Lille accueille un sommet européen, puis un festival sur l’intelligence artificielle (IA), quelques jours après l’annonce, le 1er juin, de la construction en France de centres de données géants. Les sommets se succèdent, sans que les citoyens soient consultés sur les choix stratégiques qui engagent le futur et façonnent le visage de nos sociétés. L’intelligence artificielle générative bâtie sur des grands modèles de langage, type GPT, se répand à une vitesse fulgurante. L’inondation du moindre interstice de nos vies par cette technologie serait notre seul horizon. Participer à une course aveugle, notre seule option pour protéger notre souveraineté. Ce récit est désastreux. Il minimise systématiquement les coûts à moyen et à long terme de cette technologie, occultés par les gains immédiats qu’elle offre à ses utilisateurs. Ces coûts, pourtant, sont exorbitants. La frénésie autour de l’IA générative acte un renoncement clair dans la grande bataille de notre siècle : celle que nous devons mener pour l’écologie. Alors que l’empreinte carbone du secteur s’aggrave de façon alarmante, les milliards d’euros investis dans la construction de data centers sont un appel à la démobilisation générale. Le constat vaut pour tous les pays, même ceux dont l’électricité est largement décarbonée : les centres de données y captent l’électricité verte au détriment d’autres secteurs, retardant leur nécessaire décarbonation. Leur essor fait peser le risque de conflits d’usage, au détriment des secteurs vitaux. Il accélère l’artificialisation des sols et encourage la course aux métaux critiques et terres rares, source de nombreux conflits présents et à venir. Les conséquences sur l’eau, elles aussi, sont gravissimes. L’Organisation des Nations unies, qui a déclaré la Terre en état de « faillite hydrique » en janvier, alerte que la consommation des centres de données prévue pour 2030 est de 9,3 milliards de litres, soit suffisamment pour répondre « aux besoins annuels minimaux en eau domestique de l’ensemble des 1,3 milliard d’habitants de l’Afrique subsaharienne pendant une année complète ». Le court-termisme, préjudiciable à notre maison commune, est un pari fatal, qui dégradera considérablement les conditions de vie sur Terre. Il vous reste 67.21% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.