Kevin Warsh a pris la parole mercredi après avoir présidé sa première réunion de politique monétaire qui n’a abouti sur aucun changement en matière de taux d’intérêt, mais a montré que ses collègues étaient prêts à combattre l’emballement inflationniste.Désigné par Donald Trump, qui attend avec ferveur des taux d’intérêt plus bas, le nouveau président de la banque centrale des États-Unis (Fed) a assuré mercredi que l’institution avait l’intention de redresser la barre en matière d’inflation, lors de sa première conférence de presse.« L’inflation dépasse largement l’objectif de 2 % fixé de longue date par la Fed. Cette situation perdure depuis plus de cinq ans. La hausse persistante des prix pèse lourdement sur les Américains », a déclaré M. Warsh au début de son intervention.Les membres du comité de politique monétaire « sont formels et unanimes » sur le sujet, a-t-il ajouté. « Ce comité ramènera la stabilité des prix. »Sa première réunion en tant que président de la Réserve fédérale américaine (Fed) a livré le résultat auquel les investisseurs s’attendaient : un statu quo monétaire, le quatrième d’affilée.Les taux de la Fed, qui guident les coûts d’emprunt aux États-Unis et ont une grande influence sur les marchés financiers mondiaux, sont compris entre 3,50 % et 3,75 % depuis décembre.La décision sur les taux a été prise à l’unanimité des douze votants, ce qui n’était pas arrivé depuis un an.La surprise vient d’ailleurs : les responsables monétaires américains ont suggéré, via leurs prévisions, qu’un resserrement monétaire pourrait intervenir d’ici à la fin de l’année.Selon la médiane de leurs projections, les taux pourraient être logés entre 3,75 % et 4 %, soit un cran plus haut qu’aujourd’hui. C’est un net changement de ton. Ils envisageaient encore une baisse des taux en mars.Depuis, l’inflation a bondi au plus haut depuis trois ans aux États-Unis, en grande partie du fait du choc énergétique déclenché par la guerre au Moyen-Orient.Les observateurs espèrent qu’elle refluera dès que le détroit d’Ormuz rouvrira dans le cadre du protocole d’accord entre Washington et Téhéran.