La FIFA, l'instance dirigeante du football mondial, présente la Coupe du monde 2026 – et le football mondial en général – comme une célébration de l'inclusion et de la diversité. Elle est présentée comme un symbole de paix et d'espoir, voire comme une forme de salut pour les migrants africains qui périssent en tentant de traverser la Méditerranée.

Cette posture humanitaire ne doit pas nous faire oublier l’existence d’une classe mondiale de migrants en situation précaire. Beaucoup viennent d'Afrique de l'Ouest et rejoignent l'Europe (et d'autres régions du monde) par divers moyens, avec le rêve de gagner leur vie en jouant au football. Comme l’ont montré de nombreuses études, beaucoup se retrouvent bloqués en tant que migrants en situation irrégulière, manipulés par des agents malhonnêtes ou exploités par des clubs de football.

Malgré des recherches nuancées menées sur ce sujet depuis longtemps, les migrants ouest-africains du football font encore régulièrement la une des journaux pour des raisons plus sensationnelles. Ils sont présentés soit comme des victimes de la traite des êtres humains, soit comme des joueurs exceptionnels dans le football de haut niveau.

Le trafic des êtres humains lié au football existe bel et bien. Ce phénomène a été expliqué en détail par des chercheurs et par des journalistes d'investigation. Mais réduire les migrants à des victimes ou à des stars ne reflète pas leur réalité, leurs ambitions et les défis auxquels ils sont confrontés. Ils contribuent à transformer l'Europe et son football.