Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Débats Débats Débats Coupe du monde 2026 Coupe du monde 2026 Coupe du monde 2026 Tribune François Da Rocha Carneiro Historien Parmi les 1 248 footballeurs retenus par les 48 sélections pour le Mondial, près d’un quart arborent le maillot d’une équipe autre que celle de leur pays de naissance. Dans une tribune au « Monde », l’historien spécialiste du football François da Rocha Carneiro interroge ces « parcours complexes » et réfléchit au sens de ces mobilités. Publié aujourd’hui à 15h00, modifié à 15h08 Temps de Lecture 4 min. Article réservé aux abonnés Les nostalgiques des pays disparus doivent en prendre conscience : la Coupe du monde qu’organisent conjointement le Canada, les Etats-Unis et le Mexique en ce début d’été 2026 constitue sans doute le dernier tournoi où apparaissent des natifs d’Etats qui n’existent plus. Les enfants de la République démocratique allemande ont déjà quitté les terrains mondiaux, quatre joueurs de la sélection croate et un autre sous les couleurs de la Bosnie-Herzégovine sont nés dans ce qui était encore la Yougoslavie, trois trentenaires tchèques ont vécu leurs quatre premiers mois en Tchécoslovaquie, et le groupe K voit s’opposer deux Ouzbeks nés dans les républiques d’Asie centrale de feu l’URSS et un Congolais né dans le Zaïre de Mobutu (1930-1997). Ce sont là les derniers rescapés d’un monde qui n’est plus, celui de la guerre froide et de la construction de nouveaux Etats au lendemain des indépendances. Ces dernières empreintes du XXe siècle laissent peu à peu place à une autre réalité, que ce tournoi rend particulièrement visible. Sur les 1 248 footballeurs retenus par les 48 sélections lors de cette Coupe du monde, près d’un quart portent le maillot d’une équipe autre que celle de leur pays de naissance. Dans ce paysage diasporique, la France occupe une place particulière. Dans le groupe de Didier Deschamps, trois joueurs ont vu le jour hors du sol national. C’est là une proportion comparable à la liste de 1998, qui comptait deux footballeurs nés à l’étranger dans ses rangs, sans oublier deux autres qui figuraient parmi les six bannis, écartés à la veille de la compétition. Didier Deschamps se distingue en revanche nettement de son prédécesseur Gaston Barreau (1883-1958) qui, dans un groupe de 22 joueurs pour la Coupe du monde en 1938, en retint six nés hors de France, sans même compter ceux qui avaient vu le jour dans l’Alsace-Moselle occupée par le Reich ou dans l’Empire français. Ces trois Bleus de 2026 obéissent à des trajectoires individuelles très différentes. Brice Samba, né en 1994 à Linzolo (République du Congo), arrive ainsi à l’âge de 6 ans de Côte d’Ivoire et fait ses premiers pas de footballeur à Pacy-sur-Eure (Eure), où son père, international congolais, est gardien de but. Marcus Thuram naît en 1997 à Parme, en Italie, alors que son père, Lilian, futur champion du monde français, défend les couleurs du Parma Calcio 1913. Enfin, Michael Olise naît en 2001 à Londres d’un père nigérian et d’une mère franco-algérienne et ne quitte l’Angleterre qu’à l’occasion de son transfert en 2024 au Bayern Munich. Il vous reste 58.36% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.
Coupe du monde 2026 : « La France occupe une place particulière dans le paysage diasporique du football mondial »
TRIBUNE. Parmi les 1 248 footballeurs retenus par les 48 sélections pour le Mondial, près d’un quart arborent le maillot d’une équipe autre que celle de leur pays de naissance. Dans une tribune au « Monde », l’historien spécialiste du football François da Rocha Carneiro interroge ces « parcours complexes » et réfléchit au sens de ces mobilités.







