Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Débats Débats Débats Diplomatie Diplomatie Diplomatie Chronique Gilles Paris éditorialiste au « Monde » L’impasse stratégique produite par l’attaque contre l’Iran amplifie le basculement de l’opinion publique américaine, qui voit toujours d’un plus mauvais œil les guerres sans fin voulues par Israël, relève Gilles Paris, éditorialiste au « Monde », dans sa chronique. Publié aujourd’hui à 06h20 Temps de Lecture 3 min. Article réservé aux abonnés Benyamin Nétanyahou est entré dans l’histoire d’Israël au titre du nombre inégalé de jours passés au poste de premier ministre. Il va y rester pour un autre legs : l’effritement sans précédent des relations entre l’Etat hébreu et les Etats-Unis. Le 28 février, le chef de la droite nationaliste israélienne croyait toucher au but. L’attaque lancée conjointement avec les Etats-Unis contre l’Iran ne visait pas seulement le programme nucléaire poursuivi opiniâtrement par Téhéran, comme lors de la courte guerre de juin 2025. Après trois vagues d’assauts, à partir d’avril 2024, qui avaient ouvert le ciel iranien aux frappes israéliennes, Benyamin Nétanyahou espérait tourner définitivement une page de l’histoire du Moyen-Orient en enterrant sous les bombes le régime issu de la révolution islamique de 1979. Ce régime constituait le dernier obstacle à l’instauration d’une pax hebraica à l’échelle de toute la région, plus de deux ans après les massacres du 7-Octobre, pour lesquels Benyamin Nétanyahou n’a jamais rendu le moindre compte en dépit du fiasco sécuritaire qui les avait rendus possibles. Dans son entreprise, il avait besoin d’un partenaire inébranlable à Washington. Le retour de Donald Trump à la Maison Blanche comblait ses vœux, même si son prédécesseur démocrate, Joe Biden, n’avait rien fait pour empêcher l’anéantissement de Gaza, ni la multiplication des frappes israéliennes au Liban, en Syrie ou en Iran. Sur le tarmac de l’aéroport Ben-Gourion, à Tel-Aviv, le 2 février 2025, à la veille de sa première visite à la Maison Blanche après la prestation de serment du républicain, Benyamin Nétanyahou assurait que « [leurs] décisions et le courage de [leurs] soldats [avaient] redessiné la carte » du Moyen-Orient. « Je crois qu’en travaillant étroitement avec le président Trump, nous pouvons la redessiner encore plus loin et pour le meilleur », ajoutait-il. Et pour cause. Le premier mandat de Donald Trump avait été l’occasion d’un alignement presque complet des Etats-Unis sur les positions défendues par le premier ministre de l’Etat hébreu, de la reconnaissance unilatérale de Jérusalem comme capitale unique d’Israël à celle de sa souveraineté sur le plateau syrien du Golan en passant par la normalisation des relations avec des Etats arabes, dont les Emirats arabes unis, sans la moindre ouverture sur le dossier palestinien. Benyamin Nétanyahou n’avait pu que se féliciter de la constance de Donald Trump. Il vous reste 58.51% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.