Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement International International International Un si Proche Orient Un si Proche Orient Un si Proche Orient Chronique Jean-Pierre Filiu Professeur des universités à Sciences Po Les deals dont le président américain Donald Trump se vante si volontiers semblent voués au Moyen-Orient à s’enliser dès la première phase. Publié aujourd’hui à 07h00 Temps de Lecture 3 min. Article réservé aux abonnés Notre monde a laissé Israël ravager systématiquement la bande de Gaza durant deux longues années, d’octobre 2023 à octobre 2025. Non seulement le droit international et les principes humanitaires ont été bafoués avec constance dans l’enclave palestinienne, mais les Etats ont été nombreux à afficher leur impuissance, voire leur complicité face à une entreprise aussi méthodique de démolition. Le soulagement n’en a été que plus palpable lorsque Donald Trump a lancé son « plan » de règlement de cette crise. Une vingtaine de dirigeants européens, arabes et musulmans se sont rassemblés en Egypte, le 13 octobre 2025, pour saluer la dynamique de paix qu’annonçait le président américain. Et cette même communauté internationale qui était restée passive au cours des deux années de carnage à Gaza a bientôt détourné les yeux d’un tel désastre, oubliant les plus de deux millions de femmes et d’hommes qui continuent d’y survivre dans des conditions extrêmes. La guerre que les Etats-Unis et Israël ont déclenchée contre l’Iran, le 28 février, a encore plus relégué Gaza dans l’angle mort de l’actualité. Il aurait pourtant suffi de tirer les terribles leçons de Gaza pour anticiper l’impasse actuelle sur l’Iran. La qualité de la médiation est essentielle pour assurer l’inscription dans la durée d’un accord conclu entre des belligérants qui refusent de négocier directement (Israël et le Hamas) ou qui n’ont aucune confiance dans la parole de leur adversaire (les Etats-Unis et l’Iran). L’Egypte n’a plus d’influence concrète dans la bande de Gaza où elle se contente d’engranger la rente stratégique de ses prétendus « bons offices ». Quant au Qatar, il n’a jamais retrouvé l’entregent qui était le sien avant d’être, le 9 septembre 2025, la cible d’un bombardement israélien (le principal négociateur du Hamas, visé par cette frappe, en était sorti indemne). Des médiateurs désavoués C’est la Turquie qui reprit la médiation et obtint des islamistes palestiniens, un mois plus tard, la libération de tous les otages israéliens encore en vie. Trump et son administration étaient alors favorables à un rôle moteur de la Turquie dans la force internationale chargée de « stabiliser » la bande de Gaza et d’y désarmer le Hamas. Il vous reste 60.44% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.