Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Livres Livres Livres Naissance d’un livre Naissance d’un livre Naissance d’un livre Comment l’écrivaine hispano-argentine a conçu son deuxième roman, autour du défi à l’autorité de deux Américaines du XVIIᵉ siècle et d’une Espagnole de nos jours. Article réservé aux abonnés « Cautère » (Cauterio), de Lucia Lijtmaer, traduit de l’espagnol par Anne Plantagenet, éd. Robert Laffont, « Pavillons », 244 p., 20 €, numérique 14 €. Vouloir faire taire les femmes est une activité dangereuse. Voyez Cautère, le deuxième roman de Lucia Lijtmaer. La journaliste et romancière hispano-argentine y met en scène trois héroïnes ayant choisi de défier l’autorité qui, à un moment de leur vie, leur a été imposée. On y trouve Deborah Moody (1586-1659), première et seule femme à avoir fondé une colonie dans le Nouveau Monde, sa contemporaine Anne Hutchinson (1591-1643), à l’origine d’un schisme religieux dans une autre colonie du Massachusetts, et d’une trentenaire fictive d’aujourd’hui, à Barcelone, victime d’un pervers narcissique. Chacune va réagir au silence ou à la place que les hommes ont tenté de lui assigner, et provoquer un cataclysme à sa façon. Ce récit, qui fait se croiser des femmes d’époques différentes, est né d’une image : une femme seule sur une île. « J’ai toujours été passionnée par l’histoire de la fondation des Etats-Unis, raconte Lucia Lijtmaer au “Monde des livres”. Au cours de mes lectures, je suis tombée sur le cas d’Anne Hutchinson qui, expulsée une première fois d’Angleterre, l’a aussi été de sa communauté anabaptiste du Massachusetts avant de se réfugier dans l’actuelle Long Island. J’ai aussi été marquée par le cas d’Agathe Snow, une artiste qui, après avoir été l’un des piliers de la scène new-yorkaise au début des années 2000, a décidé d’abandonner Manhattan pour cette même Long Island. Et je me suis demandé ce qui se passe quand on quitte son lieu de vie habituel : y survit-on ? » Il vous reste 79.94% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.