Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Livres Livres Livres Romans étrangers Romans étrangers Romans étrangers Ruth et Maria se rencontrent dans une école catholique. L’une peindra, l’autre chantera. Un premier roman d’apprentissage exaltant sur le thème de l’amitié entre femmes. Article réservé aux abonnés « Inséparables » (Lonely Crowds), de Stephanie Wambugu, traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Karine Lalechère, éd. Albin Michel, 384 p., 22,90 €, numérique 16 €. Elève de l’écrivain Dinaw Mengestu au prestigieux Bard College (Etat de New York), Stephanie Wambugu, née en 1998, au Kenya, signe, avec Inséparables, un premier roman sur une relation humaine que la littérature a timidement explorée : l’amitié entre femmes. Et s’impose comme une belle surprise de ce début d’été. A Providence (Rhode Island), quelque part à la fin des années 1970, Ruth, une enfant unique dont les parents stricts et travailleurs ont immigré du Kenya, rencontre Maria, d’origine panaméenne, qui, après le suicide de sa mère et la désertion de son père, est confiée à une tante désargentée atteinte de troubles psychotiques. Entre un cadre ou trop rigide ou absent, et l’éducation délivrée par des bonnes sœurs à l’école catholique – où elles sont les deux seules élèves noires –, leur jeunesse s’annonce rude et privée d’horizon. Heureusement, elles ont des ressources. Maria attire les désirs et les regards, avec sa beauté ainsi que son talent pour le chant et la comédie. Elle sait se définir, tandis que Ruth n’arrive pas à saisir ses propres contours et préfère observer les autres. Elle en fera son métier, en devenant une peintre désabusée, mais très à la mode dans le New York exalté des années 1990. « J’attendais depuis longtemps qu’on m’indique la voie, et c’était arrivé. Quand je peignais, je tâchais d’imprégner chaque scène de l’étrangeté et de l’opacité du monde, de lui insuffler ma propre confusion, dans l’espoir de découvrir un chemin plus clair », confie-t-elle. L’intrigue d’Inséparables débute à New York aux côtés d’une Ruth adulte. Un soir de vernissage, la narratrice, qui ne croit plus en rien depuis que Maria est sortie de sa vie, subit une crise de panique. La prose saccadée, les images et les pensées qui l’assaillent sur un rythme psychédélique, à la manière du cinéma américain des années 1970 (on pense à John Cassavetes ou à Jerry Schatzberg) nous emportent d’emblée dans ce premier roman époustouflant tant par la vivacité de son style que par la richesse des émotions et des réflexions qu’il met en mouvement. Il vous reste 37.04% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.
« Inséparables », de Stephanie Wambugu, met en scène la relation fusionnelle de deux Afro-Américaines
Ruth et Maria se rencontrent dans une école catholique. L’une peindra, l’autre chantera. Un premier roman d’apprentissage exaltant sur le thème de l’amitié entre femmes.






