Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Livres Livres Livres Récits francophones Récits francophones Récits francophones Un bel hommage de l’écrivaine qui retrouve, près de trente-cinq ans après sa mort, un ami d’enfance. Article réservé aux abonnés « Nous serons un jour d’été », de Cécile Schouler et Sébastien, Panseur, 200 p., 19 €, numérique 15 €. Dans Comme une lanterne sur les ruines (Panseur, 2025), Cécile Schouler racontait sa rencontre, à 12 ans, avec Sébastien, un être de la rue à peine plus âgé qu’elle, qui faisait la manche et se prostituait depuis sa fugue, jusqu’à sa mort par overdose, en juin 1992. Nous serons un jour d’été est une mise en regard de leurs voix : elle y entoure les mots de celui qui n’est plus là d’un halo nacré qui les sort de l’ombre. Dans la matérialité de son geste, le livre réunit ceux que la mort a séparés : en son alcôve se noue une conversation typographique – le Garamond romain de l’une répond en vis-à-vis le Park Lane italique de l’autre. Une symbiose naît entre leurs paroles, leurs vies, comme si l’existence de Cécile ne pouvait trouver sa forme que dans le creuset de celle de Sébastien, de sa mort : les offrandes, à gauche, se penchent vers la droite pour recueillir l’évaporation de ce souffle qui s’est éteint. Un pont est tendu entre ce « rien » qui étreint le tout jeune homme, sa souffrance, le silence « liquide et patient », et celui que déplore Cécile dans son élégie. Elle se saisit de cette hérésie : entrer en quatrième, fumer de la résine, vomir, plus tard avoir des centaines d’amants, rempart contre le monde, en prenant la mesure impossible de l’après – dix-sept jours, deux ans, dix ans après la mort de son aimé. La blancheur grignote tout. Il vous reste 72.96% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.