Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement « Keskèli ? » (5/5). Admiratrice de Maggie O’Farrell, la romancière cite également Albert Camus, Nora Ephron ou Colson Whitehead parmi ses auteurs de chevet. Article réservé aux abonnés Un premier souvenir de lecture ? Enfant, j’ai lu avidement la comtesse de Ségur, mais ma première lecture marquante a été le poème Prière d’un petit enfant nègre, de Guy Tirolien [1943]. Je ne me souviens pas de l’âge que j’ai, mais je sais que ce poème me bouleverse, m’interroge, m’attriste. Pour la première fois je vois une géographie familière mise en mots, en rythme, en pensée (les ravines fraîches, le mystère des bois, les lourds manguiers…). Je l’apprends par cœur, facilement, comme une chanson. Je la connais encore. Il me semble que c’est la première fois que je comprends (sans pouvoir le verbaliser encore, bien sûr) que la littérature peut être, peut naître, de toutes les couleurs, de tous les climats, de toutes les réalités sociales. Le chef-d’œuvre inconnu que vous portez aux nues ? Le Village dans la jungle, de Leonard Woolf [L’Age d’homme, 1991]. C’est le premier roman du mari de Virginia Woolf. Il l’écrit avant son mariage, quand il est administrateur colonial au Sri Lanka, appelé alors Ceylan. Ce roman, publié en 1913, me fascine parce qu’il est à la fois terriblement anglais et pourtant dénué d’exotisme, vierge de tout surplomb. Il raconte l’histoire d’une famille cinghalaise qui vit à la lisière de la forêt. Cette famille, dans une grande misère, ignore qu’elle est sujet britannique et la critique anticoloniale est implicite ici : la couronne n’a même pas connaissance de ceux qu’elle doit « protéger ». Il vous reste 65.74% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.
Portrait de l’écrivaine Nathacha Appanah à travers un questionnaire serré sur ses lectures passées, présentes et à venir
« Keskèli ? » (5/5). Admiratrice de Maggie O’Farrell, la romancière cite également Albert Camus, Nora Ephron ou Colson Whitehead parmi ses auteurs de chevet.






