Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Keskili ? Keskèli ? L’épisode 5 sera disponible prochainement. Keskili ? Keskèli ? L’épisode 5 sera disponible prochainement. « Keskèli ? » (4/5). Si « Le Cid » lui est toujours tombé des mains, l’écrivaine cite, parmi ses auteurs de prédilection, Al Alvarez, Vivian Gornick, Colette, Duras ou encore la femme de lettres japonaise Sei Shônagon. Article réservé aux abonnés Un premier souvenir de lecture ? Bela. Fille de la jungle, de James Shaw [1954], dans la collection « Bibliothèque rouge et or ». Je n’ai pas ressenti une jubilation à savoir lire. C’est seulement vers l’âge de 10 ans, avec ce livre, que j’ai pris conscience du trésor encore inexploré de mon pouvoir de déchiffrement. J’étais au lit, dans mon pyjama rouge bien aimé, je lisais avec délectation des mots à la fois visibles comme objets et suffisamment transparents pour être conducteurs d’ailleurs. Ils me faisaient vivre aux côtés de Bela, habillée d’un pagne, Bela, qui, par sa musique, domptait les bêtes sauvages. J’étais extraordinairement émue. Sans devoir quitter mon pyjama, je portais ce pagne, léger autour de mes hanches nues. Ma chambre communiquait avec l’Afrique, ses couchers de soleil. « Bibliothèque rouge et or » : le moment irradiait de toutes les promesses contenues dans ce titre. Le chef-d’œuvre inconnu que vous portez aux nues ? D’Al Alvarez [1929-2019], Nager sa vie. Journal d’un nageur [Métailié, 2025]. Al Alvarez, montagnard et joueur de poker, était un drogué du risque. Passé 60 ans, il doit renoncer à l’alpinisme et met sa passion dans la nage. Il décide de se baigner tous les jours, à Londres, dans les étangs de Hampstead Heath. Chaque bain l’illumine, chaque bain lui est renaissance. Les plus froids, les meilleurs. « Mardi 18 février. 0 °C. C’est de mieux en mieux. » Nager sa vie est exaltant, que l’on soit nageur ou non. C’est le livre d’un merveilleux poète. D’un homme qui refuse la notion de déclin et oppose au délabrement une force d’enchantement. « Un sorcier », disait de lui Philip Roth. Il vous reste 60.03% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.