Quand on flâne dans les rues de Dakar ou une de ses banlieues, on est frappé de voir régulièrement des établissements tous désignés par les Dakarois comme des « fast-food » bien qu ils se différencient sur le plan architectural les uns des autres.
Ici, pas de McDonald’s pour imposer une même image. Mais si chacun de ces espaces est singulier, les nourritures que l’on y sert sont-elles les mêmes ? Dans une ville où il peut être problématique pour certains de manger plusieurs fois par jour, que signifie « aller au fast-food » ? Comment cet hédonisme mondain (pratique urbaine symboliquement bien classée) s’est-il concilié moralement avec la convivialité familiale autour du bol collectif, que l’on aime présenter à l’étranger comme un gage de partage et de solidarité ?
Mais surtout, quelle est la genèse de cette innovation alimentaire qui, au fil des ans, s’est ancrée dans les habitudes alimentaires dakaroises connue de tous et pratiquée par la plupart ? Ces questions ont mérité une longue enquête qui nous a conduits dans de très nombreux « fast-foods » mais aussi dans les non moins nombreuses dibiteries (espace urbain où l'on mange de la viande de mouton grillée), cet autre lieu nourricier en dehors de la famille.








