Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Livres Livres Livres Récits étrangers Récits étrangers Récits étrangers Le poète a fait paraître ce recueil de douze textes écrits lors d’un voyage aux Etats-Unis et au Mexique en 1977, deux ans avant sa mort par suicide. Le voici traduit. Article réservé aux abonnés « La Marche du scorpion » (Sie), d’Edward Stachura, traduit du polonais et présenté par Liliana Orlowska et Laurent Pinon, Arfuyen, 256 p., 18,50 €. A observer la Voie lactée, la nuit, il arrive qu’on s’interroge : « Y a-t-il là-bas une deuxième planète Terre ? » Et, sur cette planète, s’est un jour demandé un poète polonais nommé Edward Stachura, y a-t-il un « deuxième garçon assis devant le feu et qui pense à moi en ce moment, comme moi je pense à lui en ce moment » ? Un double qui suivrait ses gestes et sa pensée ? Dans un univers aux dimensions indéfinies, une possibilité est une quasi-certitude, insinue le poète dans La Marche du scorpion. Dès lors, percevoir le doux bruissement « à peine audible de l’appel d’un frère lacté » se révèle une question d’écoute attentive et de silence intérieur. Mais, sitôt cette perspective explorée, surgit une autre question, existentielle : qui est le reflet de qui, dans cette affaire ? Qui est le frère terrestre et qui, le frère lacté ? Ainsi, le Moi vacille, les contours de la réalité tremblent. C’est cette vision vertigineuse du monde, dont on ne sait si elle est complètement folle ou d’une extrême lucidité, que développe Edward Stachura dans La Marche du scorpion (1977), recueil de douze textes écrits lors d’un voyage aux Etats-Unis et au Mexique. Méconnu du pays qui l’a vu naître et qu’il a quitté à 11 ans, la France, Edward Stachura (1937-1979) est un poète maudit légendaire en Pologne. Il vous reste 73.79% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.
Avec l’écrivain polonais maudit Edward Stachura et sa « Marche du scorpion », entre folle errance et dissolution mentale
Le poète a fait paraître ce recueil de douze textes écrits lors d’un voyage aux Etats-Unis et au Mexique en 1977, deux ans avant sa mort par suicide. Le voici traduit.







