Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Livres Livres Livres La liste de La Matinale La liste de La Matinale La liste de La Matinale Chaque jeudi, la rédaction du « Monde des livres » vous propose ses choix littéraires. Aujourd’hui, notamment, un élégant hommage au romancier américain Paul Auster, mort en 2024, par son épouse, l’écrivaine Siri Hustvedt. Article réservé aux abonnés LA LISTE DE LA MATINALE Un retour sur une des grandes figures de la littérature américaine, et beaucoup de découvertes : tel est le programme dans la liste du Monde des livres de la semaine. Avec en vedette Paul Auster, disparu en 2024, et ressuscité par son épouse, l’écrivaine et essayiste Siri Hustvedt. Mais aussi le premier roman pétaradant d’un jeune Norvégien, Oliver Lovrenski, la poésie clairvoyante et bouleversante de Stéphane Bouquet, une fresque familiale pleine de vivacité et de profondeur, signée Kristopher Jansma. Avec, en guise de conclusion, l’essai fascinant de l’historienne Sylvia Chiffoleau, première grande synthèse sur la manière spécifique qu’ont les civilisations arabes d’appréhender le temps. RÉCIT. « Ghost Stories », de Siri Hustvedt Deux ans après la mort de Paul Auster, emporté par un cancer le 30 avril 2024, son épouse, l’écrivaine et essayiste américaine Siri Hustvedt, poursuit dans Ghost Stories le long dialogue que le couple entretenait depuis quarante-trois ans. C’était d’ailleurs le souhait d’Auster lui-même : se métamorphoser de manière posthume en « revenant » pour voir si Siri « [s’]en sortai[t] seule » et pour poursuivre avec elle leur intarissable conversation. Loin d’un texte de deuil classique ou d’un mausolée littéraire, l’autrice de Tout ce que j’aimais et Un monde flamboyant (Actes Sud, 2003 et 2014) livre donc un portrait subtil, intime et incarné du couple qu’ils formaient, leur complicité, leurs stimulantes séances de travail, sans rien censurer des moments douloureux, comme la mort du fils d’Auster, Daniel, d’une overdose à 44 ans, et de son bébé Ruby, à seulement quelques mois. A côté du fantôme de Paul Auster, dont on entend la voix au travers des lettres inédites qu’il envoyait à son petit-fils Miles ou à Siri elle-même, apparaissent d’autres spectres, dont celui de l’Amérique, que Hustvedt regarde sombrer dans la brutalité politique, intellectuelle et morale. C’est d’ailleurs l’une des grandes réussites du livre : ne jamais isoler le deuil privé du désastre collectif. Comme si les effondrements intimes rendaient soudain plus visible la fissure générale du monde. Fl. N. Il vous reste 74.33% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.