Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement AGNÈS DHERBEYS/MYOP POUR « LE MONDE » Planète Planète Planète Condition animale Condition animale Condition animale Par Mathilde Gérard Publié aujourd’hui à 06h00 Article réservé aux abonnés ReportageLa société protectrice des animaux a mis en place une commission des « chiens difficiles », qui réunit chaque mois une quinzaine de professionnels, pour examiner les cas nécessitant un accompagnement spécifique. Dans quelques rares situations où l’animal reste dangereux, cette commission peut décider d’une euthanasie. Arrivé une semaine plus tôt au refuge de la Société protectrice des animaux (SPA) de Chamarande, dans l’Essonne, Reynor, un cane corso de 1 an et demi, s’apprête à faire sa première sortie en forêt. En cet après-midi de la mi-mai, l’équipe d’agents, qui connaît encore mal ce chien arrivé d’un autre refuge – où il n’avait pas trouvé d’adoptant et avait un comportement difficile –, ne laisse rien au hasard : Reynor est tenu par deux longes et accompagné d’un autre chien, Youki, avec qui il semble s’entendre. Dans le passé, le cane corso s’en est déjà pris au collier d’un congénère et a eu des montées d’excitation imprévisibles. « Il n’a jamais été déclaré mordeur, mais il a tendance à ingérer des objets », explique Aurélie Santin, éducatrice canine. Pour cette promenade, une attention particulière est accordée à plusieurs moments-clés : la sortie du box, quand le chien traverse le chenil, où l’ambiance est souvent agitée, la mise en place du harnais, le passage sur la route d’accès, où circulent des voitures, le croisement avec d’autres promeneurs et animaux… En fonction de son histoire, chaque chien peut réagir différemment à ces situations. « Comme c’est la première fois que je le vois, on a mis en place un protocole qui le mette d’emblée en réussite, poursuit-elle. L’objectif est que ce soit prévisible et rassurant. Ensuite, on pourra ajouter des difficultés. » Le bilan de la promenade du jour est positif : Reynor a apprécié la sortie et s’est montré beaucoup plus détendu après la balade. Un signe, selon l’éducatrice, que le dispositif pourra être allégé les prochaines fois. Pour tisser le lien avec l’animal, les équipes doivent trouver ce qui le motive (friandises, récompenses, jeux, etc.) et comprendre ce qui le met dans l’inconfort pour peu à peu l’entraîner à recevoir des soins, être examiné, porter une muselière pour se déplacer en sécurité… Avec un objectif en tête : le rendre apte à la vie en foyer pour qu’il puisse être adopté. « Cela demande du temps de regagner la confiance du chien, observe Marie-Laure Caron, responsable du pôle comportement animal de la SPA. Beaucoup se sentent trahis par l’homme, et on ne peut pas le leur reprocher. » Il vous reste 74.24% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.