Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Intimités Intimités Intimités Le dilemme Le dilemme Le dilemme Chaque mois, nos dilemmes moraux intimes sont passés au crible. Les 80 millions d’animaux de compagnie que compte la France sont parfois comparés à des enfants trop gâtés. Nourriture, soins, degré d’attachement… Est-ce raisonnable de traiter son animal comme un roi ? Article réservé aux abonnés « Je pourrais aller loin. Très loin. Jusqu’où ? Aucune idée. Il faudrait probablement qu’on m’arrête avant que j’aie ruiné toute la famille. » Noémie (les personnes désignées par leur seul prénom ont souhaité rester anonymes) plaisante – à moitié. En adulte et mère responsable, elle concède que son attachement à Carmen, sa chatte de 4 ans, peut paraître un brin excessif. De là à fixer des bornes financières aux soins qu’elle serait prête à lui offrir… « On ne s’est pas posé de question, à vrai dire : on pouvait le guérir, on l’a fait. » Cette fois, c’est Sébastien qui parle. Il a 45 ans et une idée assez précise de la valeur de son matou : plus de 8 000 euros, soit ce qu’il a fallu, il y a trois ans, pour le soigner de la péritonite infectieuse féline (PIF, pour les intimes). Une maladie capable de tuer un chat en quelques jours et qui place le maître devant une alternative pénible : sauver l’animal moyennant un remède hors de prix, ou se résoudre à le voir mourir. Avec cette cerise sur le gâteau de l’embrouillamini moral : la PIF, malgré son nom plaisant, tue de préférence les chatons. « A l’époque, il n’existait qu’une forme injectable du traitement, sans autorisation de mise sur le marché en France [la commercialisation du traitement est légale depuis août 2024], poursuit Sébastien. Il a fallu passer par un groupe Facebook assez obscur, virer de l’argent en Chine, aller tous les jours pendant trois mois dans une clinique qui acceptait de faire l’injection. Ça peut sembler un peu fou, mais je n’ai aucun regret : je mesure surtout la chance que j’ai eue de pouvoir me le permettre. Les scrupules, lorsqu’ils existent, tiennent surtout au discours ambiant qui s’offusque du coût des animaux de compagnie. » Il vous reste 79.65% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.