Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Intimités Intimités Intimités Le dilemme Le dilemme Le dilemme Chaque mois, nos dilemmes moraux intimes sont passés au crible. Quelle est la limite de la sincérité ? La réponse est loin d’être évidente, tant en matière d’acceptabilité sociale que de vertu morale. Article réservé aux abonnés « Alors, t’en penses quoi ? », vous demande, air inquiet et cœur battant, l’amie anxieuse qui vient de vous présenter un nouvel amoureux. Malheureusement, l’heureux élu qui vous avait été décrit comme « une sorte d’Orlando Bloom mais plus beau, super drôle et très intelligent » est plutôt Gollum que Legolas, rit excessivement fort à ses propres plaisanteries et coupe sans cesse la parole à votre copine qui, habituellement, ne supporte pas ça. Que répondre, alors, à cette interrogation anxieuse ? Faut-il toujours dire la vérité à ceux qu’on aime ? « Bien sûr », répond toute une tradition philosophique qui va des penseurs antiques à Emmanuel Kant, aux yeux de qui la franchise n’est pas seulement une vertu mais un impératif : « La véracité doit être regardée comme la base de tous les devoirs », écrit le philosophe en 1797. Or, les devoirs moraux ont valeur de lois universelles, et la moindre incartade, le moindre « prétendu droit de mentir par humanité » – pour reprendre le titre de son opuscule paru cette année-là – rendrait « chancelante et inutile » cette « vérité » qui ne vaut que parce qu’elle est absolue. Il vous reste 82.2% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.