Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Le Goût du Monde Le Goût du Monde Le Goût du Monde Est-ce bien raisonnable ? Est-ce bien raisonnable ? Est-ce bien raisonnable ? Chronique Marc Beaugé Magazine Dans la mode comme dans la vie, il convient de connaître les limites à ne pas franchir. Ou alors en connaissance de cause. Publié aujourd’hui à 10h00 Temps de Lecture 1 min. Puisque nous n’avons pas le ­monopole de la raison, et encore moins celui du goût, c’est avec bonheur que nous avons pris connaissance, récemment, d’un excellent article du Figaro intitulé « Canicule : est-il bien raisonnable de déboutonner sa chemise en ville ? ». La question est d’actualité. Elle est aussi, et par-­dessus tout, d’importance. Comment donc résister à la tentation de contribuer au débat, pour ne pas dire au désir brûlant de ramener une fois de plus notre fraise ? De fait, si l’été appelle instinctivement à se ­découvrir, la question du déboutonnage de chemise est sensible et nécessite un examen ­circonstancié. N’en déplaise au très aéré Bernard-Henri Lévy, le déboutonnage de chemise doit en effet être adapté à la situation et à la localisation géographique. Ainsi, on ne se déboutonne pas de la même façon, et avec la même amplitude, à la ville ou à la mer, au bureau ou à la plage, en service ou en vadrouille. La marge de manœuvre apparaît très étroite à la ville, surtout dans un contexte professionnel. Portée à l’air libre, sans veste, la chemise peut ainsi être sagement ouverte d’un bouton, celui du col, ou plus nonchalamment de deux. Sous une veste, l’option des deux boutons ouverts est largement préférable. En veste, le déboutonnage d’un seul bouton illustrera votre incapacité à choisir entre raideur corporate et aisance décontractée, et suscitera un ennui esthétique profond. En vacances, pour des raisons climatiques et culturelles, le champ des possibles s’ouvre largement pour ceux qui ne tombent pas carrément la chemise. Ainsi, en ouvrant trois boutons de cette dernière, vous afficherez une insouciance de bon aloi et de circonstance. En vous accordant un bouton de plus, vous passerez au stade supérieur de kiffeur patenté, insensible aux états d’âme du monde. A ce petit jeu, toute la question consiste donc à s’arrêter au bon moment. Juste avant d’imposer au monde poils, tétons, piercings, tatouages et autres secrets intimes, par exemple. Retrouvez ici toutes les chroniques « Est-ce bien raisonnable de… » Marc Beaugé (Magazine)