Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Le Goût du Monde Le Goût du Monde Le Goût du Monde Est-ce bien raisonnable ? Est-ce bien raisonnable ? Est-ce bien raisonnable ? Chronique Marc Beaugé Magazine Dans la mode comme dans la vie, il convient de connaître les limites à ne pas franchir. Ou alors en connaissance de cause. Publié aujourd’hui à 10h00 Temps de Lecture 1 min. Si les footballeurs nous régalent de leur créativité vestimentaire à la ville, ils ne rechignent pas à nous divertir dans l’exercice de leur fonction. Ainsi, le début des années 1980 fut marqué par le port ostentatoire de chaînes en or sur le terrain. Vint ensuite la mode des cuissards sous short, puis celle des sparadraps nasaux, des gants en laine, des serre-tête ficelles ou encore celle des straps aux poignets. Mais la Coupe du monde de la FIFA 2026, dont le coup d’envoi a eu lieu le 11 juin, sera peut-être l’événement où s’officialisera une tendance plus étonnante encore. En effet, depuis quelques saisons, le comble du chic footballistique consiste à porter des chaussettes percées d’une série de trous au niveau des mollets. En attendant qu’un équipementier industrialise le phénomène, les ouvertures en question, plus ou moins grandes et plus ou moins nombreuses, sont réalisées artisanalement par les joueurs eux-mêmes avant les matchs, aux ciseaux. Leur raison d’être serait physiologique. En cisaillant leurs chaussettes, les joueurs sont en effet persuadés d’éviter une pression excessive sur leurs mollets et ainsi de se prémunir de blessures musculaires. Si la démarche est à la fois compréhensible, légale (le règlement oblige simplement les joueurs à porter des chaussettes hautes) et passionnante d’un point de vue historique (rappelons que, au XVIe siècle, le raffinement ultime consistait à percer ses vêtements de petits trous, ou chiquetades), elle se heurte à la réalité du terrain. Tous les spécialistes interrogés sur le sujet affirment en effet que ces trous ne contribuent en rien au bien-être musculaire, pointant même que personne n’a observé de diminution des blessures chez les joueurs les arborant et encore moins d’augmentation de leurs performances. Il convient donc de classer cette habitude dans le grand dossier des pratiques stylistiques de footballeurs mêlant effet placebo, superstition décomplexée, mouvement grégaire et hostilité chronique à la sobriété. De la même façon que les sparadraps nasaux et les cuissards ont disparu des terrains après qu’on a admis qu’ils ne facilitaient pas vraiment la respiration et n’évitaient pas les claquages, les chaussettes à trous devraient bientôt rester au vestiaire. C’est la bonne nouvelle. La mauvaise est qu’une autre tendance lui succédera et qu’elle ne sera peut-être pas plus agréable à l’œil. Retrouvez ici toutes les chroniques « Est-ce bien raisonnable de… » Marc Beaugé (Magazine)
Est-ce bien raisonnable de… porter des chaussettes trouées ?
CHRONIQUE. Dans la mode comme dans la vie, il convient de connaître les limites à ne pas franchir. Ou alors en connaissance de cause.







