France SociétéJusticeReligion et laïcitéEducationRégionsSociété. De plus en plus de Français conçoivent qu'on préfère avoir un chien qu'un enfant. Au point de régler, parfois, la garde avec un avocat. Céline DelbecquePublié le 16/05/2026 à 12:00bookmarkAlors que la population de chiens et de chats n'a jamais été aussi élevée en France, 95 % des propriétaires d'animaux les considèrent désormais comme un membre de leur famille. Shutterstock - L'ExpressLa séparation est un peu rude. En ce lundi matin d’avril, Camille tente de rassurer Saïna, cinq ans, avant de la laisser pour la journée. "Tout va bien se passer, calme-toi", souffle-t-elle en la regardant se diriger vers les escaliers pour rejoindre la "garderie", où l’attendent déjà d’autres camarades. La trentenaire grimace en se tournant vers la sortie. "On n’est jamais ravis de les laisser. Mais c’est hors de question qu’elle reste seule à la maison, et je ne pouvais pas l’emmener au bureau aujourd’hui", commente-t-elle, tandis que quelques aboiements se font entendre depuis le sous-sol. Comme elle l’aurait fait pour un enfant, Camille vient de déposer sa chienne à une équipe de personnels diplômés, qui se chargeront de l'occuper pendant sa journée de travail. Chez Alpha Dogs House, une structure située en plein cœur de Paris et spécialisée dans la garde d’animaux de compagnie, Saïna aura l'occasion de se balader longuement en forêt, entourée d'autres chiens et avec un supplément bain à son retour si nécessaire. Comptez 35 euros pour une journée simple, et 45 euros pour la pension complète, nuitée comprise. "Les besoins des propriétaires ont évolué : le chien est passé d’un statut fonctionnel à celui de membre à part entière de la famille. Les clients attendent de nous qu’on leur envoie des nouvelles, des photos, des vidéos", commente Virginie Barbarin, cofondatrice de la pension et intarissable d’anecdotes sur les relations tissées entre les propriétaires et leurs "enfants". "Il y a ceux qui lâchent la laisse et puis s’en vont, et d’autres qui se retrouvent au bord des larmes, parce qu'ils considèrent leur animal comme leur bébé. On a déjà un couple qui s’est posé la question d’annuler ses vacances !", raconte-t-elle, amusée.