Publié le 04/06/2026 22:51
Mis à jour le 04/06/2026 22:54
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Sur l'île de Sao Tomé-et-Principe, la culture du café est une tradition centenaire, arrivée en même temps que les colons portugais il y a 200 ans. Depuis, l'île produit un café très prisé en petites quantités, quelques dizaines de tonnes par an.
Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder dans son intégralité.C'est un des derniers paradis tropicaux encore préservés. Partout, la nature sauvage, forêts luxuriantes, pitons rocheux. Voici l'île de Sao Tomé-et-Principe, à 250 km à l'ouest du Gabon. Ici, il y a 200 ans, des colons portugais ont débarqué avec une plante. Une simple pousse de café qui, deux siècles plus tard, permet toujours de produire de petits fruits, prêts à être récoltés sur les hauteurs de l'île. "Notre sol est vraiment unique. Nous sommes à près de 1200 mètres d'altitude, ce qui est parfait pour le café. Et notre terre est très fertile", assure Amedy Pereira, propriétaire de café.Sur cette terre volcanique, très riche en minéraux, pousse effectivement l'un des cafés les plus rares du monde. Toute la production est concentrée dans une zone de l'île, que les colons portugais avaient baptisé "Monte Café", aujourd'hui, en grande partie à l'abandon. L'endroit est visité par les quelques touristes de passage, comme une hôtesse de l'air portugaise. Amedy Pereira, le producteur de café, lui sert de guide. "C'est en 1858 que cette exploitation a été fondée. C'est un exemple des premières technologies de production de café", lui explique-t-il.Le 19e siècle marque l'âge d'or du café, mais aussi du cacao à Sao Tomé-et-Principe. Les Portugais bâtissent alors de grands domaines appelés roças, où la main-d'œuvre locale est souvent exploitée. Les récoltes sont transportées par train, puis par bateau, principalement jusqu'en Europe. Après la colonisation, le café santoméen a presque disparu. Et aujourd'hui, peu de grandes marques achètent ici, car la production reste à une échelle artisanale, comme dans la petite coopérative CECAFEB. Luis Mario Almeida, responsable des cultures de la coopérative, supervise les différentes étapes de transformation du grain. D'abord débarrassé de sa peau, puis fermenté, le café est séché à l'air libre. Ensuite, la sélection se fait à l'œil, grain après grain. "Celui-là, vous voyez qu'il n'est pas bon. S'il se mélange avec les autres, ça rend le café amer", affirme une travailleuse.Et puis, c'est la torréfaction. Le pays ne produit que quelques dizaines de tonnes de café par an, dont une partie part en Europe, notamment à Paris, dans des coffee shops spécialisés. Un produit de luxe qui se vend 72 euros le kilo, soi cinq fois plus cher qu'un café ordinaire. Un prix qui s'explique par la rareté de ce café d'exception. "Notre ambition, c'est avoir plus et convaincre les gens que le café aussi peut être une opportunité pour le développement d'un pays", confie Luis Mario Almeida. Année après année, la production du café de Sao Tomé-et-Principe augmente à nouveau, même si elle reste loin du niveau de l'époque portugaise. Portée par une demande mondiale en hausse pour ce café unique, à l'image de cette île sauvage et authentique.












