Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement JULIETTE PAVY/HORS FORMAT POUR « LE MONDE » Le Goût du Monde Le Goût du Monde Le Goût du Monde Voyager en France Voyager en France Voyager en France Par Delphine Le Feuvre Publié aujourd’hui à 06h30, modifié à 09h18 Article réservé aux abonnés ReportageJouissant des bienfaits d’une nature prodigue, poissons, crustacés ou oiseaux pullulent en toute quiétude autour de ce « caillou » préservé, où l’activité humaine se résume à une ferme écologique. Se rendre sur Tascon ne s’improvise pas. Cachée au fond du golfe du Morbihan, cette île de 55 hectares est certes reliée au continent par une route en zigzag de 400 mètres de long environ, large d’au mieux un peu plus de 3 mètres. A marée basse, difficile de se rendre compte que ce radier – par définition submersible – est totalement recouvert d’eau quand la marée monte. Il faut effectuer un calcul en fonction des horaires de la marée, soustraire deux heures à la basse mer et en ajouter deux après celle-ci, pour déterminer la fourchette horaire qui, deux fois par jour, permet la traversée en toute quiétude – à condition de veiller à ne pas glisser. Autrement, il faut patienter ou faire demi-tour au niveau du parking situé à Saint-Armel, sur la presqu’île de Rhuys. La situation géographique de l’île Tascon en fait « un bastion de la ressource alimentaire » pour la faune, explique David Lédan, chargé de mission biodiversité au sein du parc naturel régional du golfe du Morbihan. L’eau entre dans le golfe par un couloir de 900 mètres de large, et est portée par l’un des courants les plus puissants d’Europe, celui de la Jument. Quand elle arrive au niveau de Tascon et de sa voisine, l’île Bailleron, les sédiments sont extrêmement fins. Ainsi, « la vasière entre Tascon et le marais de Truscat représente l’écosystème le plus riche en nourriture du golfe », avance le guide. « Sur un mètre carré de vase, on a répertorié plus de 3 800 animaux de plus d’un millimètre, ce qui explique pourquoi, de novembre à début mars, tous les oiseaux se concentrent ici », poursuit-il. L’hiver, à marée haute, jusqu’à 10 000 volatiles battent des ailes au-dessus de la zone – bécasseaux variables, pluviers argentés et courlis cendrés, notamment. A marée basse, on en compte entre 5 000 et 8 000. A la vasière s’ajoutent deux herbiers de zostères, véritables prairies sous-marines. Si les oies bernaches raffolent de la zostère naine, la zostère marine, à l’ouest de Tascon, est le refuge de petits poissons, crevettes et crustacés, qui viennent y pondre. D’un mètre cinquante de hauteur, elle abrite aussi des morgates (seiches). Toutes ces espèces ne sont perturbées par aucune activité humaine, ou presque. Il vous reste 71.03% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.