Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Débats Débats Débats Médias Médias Médias Tribune Fabrice Fries Président de l’Agence France-Presse Prenant acte des aubaines et des dangers que représente l’intelligence artificielle pour la profession, le patron de l’AFP recense, dans une tribune au « Monde », les défis que les journalistes devront relever au cours des années à venir pour garantir une information de qualité. Publié aujourd’hui à 12h00, modifié à 16h17 Temps de Lecture 3 min. Article réservé aux abonnés L’empreinte de l’intelligence artificielle [IA] générative sur le journalisme est déjà profonde. Les chatbots – ChatGPT, Claude, Gemini et autres Le Chat – sont plébiscités pour leur commodité d’utilisation et leurs performances, qui nous semblent encore relever de la magie. Bien sûr, il leur arrive de dire n’importe quoi. Néanmoins, nous jugeons généralement leurs réponses bien assez bonnes pour l’essentiel de nos besoins courants, d’autant que chacun peut ainsi engager un dialogue à sa main et hyper personnalisé avec le robot. Par ailleurs, grâce aux nouveaux outils, les contenus deviennent « liquides ». Ainsi, un article peut aisément être transformé en un conte pour enfants, en une vidéo verticale de trois minutes ou en un podcast dans la langue de notre choix. La rupture historique est double. D’abord, l’homme n’a plus le monopole de la production d’information, puisque près du tiers des contenus en circulation serait déjà d’origine artificielle. Bien sûr, l’IA ne crée pas à proprement parler l’information : c’est encore la prérogative de l’homme de dire ce qui est neuf, ce qui change, ce que l’on ne sait pas encore. La capacité de synthèse et de reformulation de contenus existants par l’IA n’en est pas moins bluffante. Ensuite, et c’est là l’autre rupture, la machine devient un nouveau public du journalisme. C’est même son premier lecteur dans la mesure où les contenus d’information sont désormais lus, traités et interprétés par des systèmes automatisés avant de l’être par des humains. Le journaliste doit se faire à l’idée qu’une partie substantielle de son lectorat n’est pas humaine. L’IA transforme déjà profondément le travail des rédactions, par l’automatisation de tâches chronophages comme la retranscription d’interviews ou la reconnaissance faciale pour légender les photos ; par la génération assistée de contenus, des simples suggestions de titres jusqu’à la génération de vidéos à partir d’un texte ; enfin, en favorisant le « journalisme augmenté », dont la possibilité d’exploiter de grands volumes de données est l’exemple le plus connu. Il vous reste 67.27% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.
Fabrice Fries, président de l’AFP : « Avec l’IA, la machine devient un public du journalisme, et même son premier lecteur »
TRIBUNE. Prenant acte des aubaines et des dangers que représente l’intelligence artificielle pour la profession, le patron de l’AFP recense, dans une tribune au « Monde », les défis que les journalistes devront relever au cours des années à venir pour garantir une information de qualité.











