Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Débats Débats Débats Élection présidentielle 2027 Élection présidentielle 2027 Élection présidentielle 2027 Chronique Françoise Fressoz Editorialiste au « Monde » L’espace social-démocrate a-t-il encore un avenir ou est-il voué à se fondre dans un grand centre ? Tel est l’un des enjeux de la précampagne présidentielle qui vient de s’ouvrir, relève Françoise Fressoz, éditorialiste au « Monde », dans sa chronique. Publié aujourd’hui à 06h00 Temps de Lecture 4 min. Read in English Article réservé aux abonnés Ce n’est peut-être qu’une coïncidence, mais elle en dit beaucoup : la semaine où Gabriel Attal, secrétaire général de Renaissance, tient son premier meeting de candidat à l’élection présidentielle, samedi 30 mai, porte de Versailles, à Paris, Raphaël Glucksmann, coprésident de Place publique, déclare qu’il se donne trois mois avant de dire s’il se lance ou non dans le grand bain de 2027. Chez le premier transpirent l’ambition de tenter sa chance coûte que coûte et l’envie de mener campagne tambour battant. Chez le second prédomine la prudence qui avait marqué, en son temps, le cheminement du social-démocrate Jacques Delors : pressé par ses amis de tenter l’aventure présidentielle, celui-ci avait finalement déclaré forfait le 11 décembre 1994, devant 13 millions de téléspectateurs, estimant qu’il n’aurait pas les moyens de conduire les réformes qu’il jugeait indispensables au pays parce qu’il serait lâché par la gauche sans être pour autant soutenu par le centre. Aux yeux de Raphaël Glucksmann, qui se réfère par ailleurs beaucoup à Pierre Mendès France, il ne suffit pas de conquérir le pouvoir, encore faut-il avoir les moyens de l’exercer. Le titre de son livre, Nous avons encore envie (Allary Ed., 18,90 euros), est un pari sur le réveil collectif des Français, tandis que celui de Gabriel Attal, En homme libre (Ed. de l’Observatoire, 22 euros), met davantage l’accent sur l’aventure individuelle. Rapprocher le cas des deux hommes peut sembler hors de propos, tant chacun est pour l’heure occupé à tenter d’imposer son leadership dans son propre camp. Au sein de l’espace central, Gabriel Attal cherche à bousculer la position du président d’Horizons, Edouard Philippe, qui fait toujours la course en tête dans les sondages mais ne s’est pas pour autant imposé comme le candidat incontournable. Raphaël Glucksmann essaie quant à lui de convaincre la gauche non mélenchoniste, à commencer par le Parti socialiste, de se rallier à lui, ce qui n’est pas une mince affaire. Cependant, la somme des problèmes à résoudre que les deux hommes mettent en exergue dans leurs ouvrages respectifs laisse pressentir qu’une grande redistribution des cartes se jouera à l’occasion de l’élection présidentielle de 2027 : face à la pression des extrêmes, le rassemblement le plus large possible sera nécessaire pour présider et gouverner la France. Toute la question est de savoir qui sera le maître de cette redistribution. Il vous reste 61.47% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.