Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Débats Débats Débats Élection présidentielle 2027 Élection présidentielle 2027 Élection présidentielle 2027 Chronique Françoise Fressoz Editorialiste au « Monde » Hormis La France insoumise, déjà en ordre de bataille pour la présidentielle de 2027, aucun parti ni aucun camp n’échappe aux effets déstabilisateurs d’une recomposition politique loin d’être achevée, relève, dans sa chronique, Françoise Fressoz, éditorialiste au « Monde ». Publié aujourd’hui à 06h00 Temps de Lecture 4 min. Article réservé aux abonnés En 2017, Emmanuel Macron avait réussi à se faire élire président de la République sur le thème de la révolution démocratique. Son pari était d’apparaître à la fois disruptif et rangé. Disruptif dans son constat implacable d’un paysage politique à bout de souffle : l’alternance entre la droite et la gauche, devenue un classique de la Ve République, avait fini par épuiser les partis dits « de gouvernement » tant les contradictions internes étaient devenues difficiles à gérer. Le candidat n’en était pas moins resté rangé dans son refus de remettre en cause tout ce que contestent aujourd’hui les extrêmes : la construction européenne, le libéralisme et, pour certains, l’Etat de droit. Le fait qu’en dépit des nombreux aléas de son double mandat le chef de l’Etat ait réussi à tenir dix ans atteste de la validité du constat. Le problème est que la recomposition politique qu’il aurait voulu conduire à sa main est loin d’être achevée. Hormis La France insoumise (LFI), qui a réussi son pari de dominer la gauche et de faire corps derrière son chef, toutes les forces politiques sont aujourd’hui soumises aux effets déstabilisateurs de la recomposition en cours. Le succès de Jean-Luc Mélenchon n’en est pas pour autant assuré tant le rejet qu’il suscite dans une grande partie de l’électorat compromet ses chances d’être élu au second tour de l’élection présidentielle. Partout ailleurs, les forces politiques sont la proie de fortes tensions. Ce qui se produit au Rassemblement national (RN), qui, de sondage en sondage, gagne des points dans l’opinion à la faveur de la montée de l’insécurité, est symptomatique. Deux lignes, en tout point antinomiques, s’affrontent : Marine Le Pen a construit tout son cheminement politique sur la rébellion contre le système, la défense des opprimés contre les élites. Jordan Bardella, président du parti, devenu plus qu’un joker depuis les ennuis judiciaires de la fondatrice du RN, joue au contraire la carte de la respectabilité, frayant avec une partie du patronat et affichant sa liaison avec une jeune femme issue de la noblesse, Maria Carolina de Bourbon des Deux-Siciles. Il vous reste 66.07% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.