Hydro-Québec s’est battue pour dissimuler certaines parties de lettres datant des années 1960 qui révélaient ce qu’elle avait proposé pour attirer une entreprise française d’aluminium dans la province, y compris ses commentaires internes concernant un accord énergétique avec Terre-Neuve-et-Labrador.Lors d’un litige en 2024 devant la Commission d’accès à l’information du Québec, l’entreprise a affirmé que cette correspondance pourrait compromettre ses négociations énergétiques actuelles avec Terre-Neuve-et-Labrador concernant Churchill Falls. Hydro-Québec a perdu la bataille et a partagé les informations — notamment avec La Presse canadienne le mois dernier.Ces lettres révèlent les stratégies et discussions internes menées par les responsables québécois pour tenter de persuader Péchiney, une entreprise d’aluminium, de construire une fonderie à Sept-Îles, au Québec, sur la rive nord du fleuve Saint-Laurent. À l’époque, l’entreprise envisageait également de s’implanter aux États-Unis.«Souvenons-nous qu’il a été dit à (Péchiney) que l’Hydro-Québec ne pourrait s’engager définitivement avant le printemps prochain, ou plus spécifiquement avant la signature du contrat (de Churchill Falls)», a écrit un responsable d’Hydro-Québec au directeur des ventes de l’entreprise en décembre 1966.Ce responsable faisait référence à une réunion qui avait eu lieu le mois précédent entre des représentants du Québec et un dirigeant de Péchiney. Le responsable québécois indiquait également dans sa correspondance que le gouvernement devait corriger l’impression erronée de l’entreprise selon laquelle elle recevait une offre directement liée à l’accord de Churchill Falls.Hydro-Québec a finalement signé l’accord de Churchill Falls en 1969. Cet accord s’est avéré financièrement avantageux pour Hydro-Québec, mais beaucoup moins pour Terre-Neuve-et-Labrador, où beaucoup se sentent floués par cet arrangement.Les révélations selon lesquelles Hydro-Québec et des représentants du gouvernement ont discuté de Churchill Falls avec des acteurs de l’industrie dans les années 1960 font surface alors que les provinces tentent de négocier un nouvel accord pour remplacer le contrat de 1969, qui doit expirer en 2041.