On parle de la lettre H, ce matin, amis des mots, ou plutôt on en reparle. C’est le Bonbon sur la langue consacré au hantavirus qui a fait des petits. Petit rappel pour ceux qui n’étaient pas en classe ce jour-là : je rappelais qu’il fallait dire “le hantavirus” et non “l’hantavirus”, comme on l’entend la moitié du temps.

En effet, le H qui se trouve à l’initiale du mot est un H aspiré, comme le confirment tous les dictionnaires, H aspiré qui, à la différence du H muet, ne permet ni l’élision ni la liaison. On dit donc le hantavirus et non l’hantavirus comme on dit le hibou et non l’hibou, et au pluriel, ça donne des Hantavirus, pas des z’hantavirus… puisqu’on ne dit pas "des z’hiboux".

J’avais posté un petit carrousel d’explication de la chose sur la page Facebook et sur l’Instagram du Bonbon sur la langue, et plusieurs personnes, notamment Magali, qui vit près de Toulouse, et Pierre, du quartier de Tasdon, à La Rochelle, ont réagi en tenant à peu près ce langage : “A quoi bon, puisque maintenant on a le droit de dire ‘les z’haricots’ ?”

Mais non !Mais non. On ne peut pas dire “les z’haricots”. C’est une légende urbaine, une rumeur, qui court depuis des années et à laquelle il est plus que temps de tordre le cou. Donc allons-y. Le mot haricot remonte au XIVe siècle, et il désignait à l’origine un ragoût. Au XVIIe siècle, probablement parce qu’elles entraient dans la composition du ragoût de mouton, ce que l’on appelait “fèves de haricot” ont été raccourcies en “haricots”.