Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Paolo di Lucente pour M Le magazine du Monde M le mag M le mag Italie Italie Italie Par Allan Kaval Publié aujourd’hui à 18h00 Article réservé aux abonnés PortraitDans le pays de Giorgia Meloni, c’est l’un des auteurs les plus populaires : Michele Rech, 42 ans, alias Zerocalcare, enchaîne les succès de librairie avec ses romans graphiques d’autofiction et de reportage engagés. Le nouveau volet de sa série animée « Pour un sou » est attendu sur Netflix le 27 mai. Quelque part dans la banlieue de Rome, à 8 kilomètres à vol de goéland du Panthéon, se trouve un quartier tranquille, aux édifices vierges de prétentions impériales. L’oiseau marin, symbole de la capitale, y est plus rare que dans le centre historique, où il se gave de sandwichs abandonnés par les touristes. A Rebibbia, on ne consomme pas la ville, on y vit. C’est la Rome de l’auteur italien le plus influent de sa génération, Michele Rech, 42 ans, qui a glissé dans la célébrité il y a quinze ans, sous le nom de Zerocalcare. Ce citoyen des faubourgs, militant depuis l’adolescence, incarne malgré lui les chagrins et les espoirs du peuple de gauche. Enfant de la classe moyenne, de mère française, il a grandi dans ces rues, dont il a fait le décor de son œuvre, racontant, par l’intermédiaire d’un double de papier, avec une tendresse ébréchée, le microcosme absurde, mélancolique, drôle, d’une Italie et d’un monde dégradés, où les existences ordinaires boitent et, parfois, trébuchent. La notoriété de Zerocalcare et l’affection que les Italiens lui portent ont explosé au moment de la pandémie, en 2020, dans un pays qui, en Europe, fut le premier et le plus durement touché. « Ses strips quotidiens ont pratiquement sauvé notre santé mentale pendant le confinement, quand tout le monde était désespéré. Je lui serai, comme beaucoup d’autres, reconnaissante à vie ! », confie, d’une voix souriante, l’écrivaine Igiaba Scego. A l’intérieur de la carapace Depuis, Michele Rech est partout, incarnant le mystère d’un artiste venu de l’extrême gauche mais passant pour le créateur le plus populaire dans un pays gouverné par l’extrême droite. La librairie Feltrinelli – une chaîne nationale – de Torre Argentina, au centre de Rome, a un mur entier dédié à ses bandes dessinées d’autofiction et de reportages. Où que l’on se trouve en Italie, il est pratiquement impossible de ne pas croiser le regard doux et inquiet de son alter ego de bande dessinée, crâne dégarni et sourcils rectangulaires. Pas plus que d’ignorer, ce printemps, l’annonce de sa prochaine création. Il vous reste 81.79% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.
L’auteur de BD Zerocalcare, plume mélancolique de l’Italie antifasciste : « En général, ce que propose la gauche, c’est de gérer au mieux la misère du présent »
Dans le pays de Giorgia Meloni, c’est l’un des auteurs les plus populaires : Michele Rech, 42 ans, alias Zerocalcare, enchaîne les succès de librairie avec ses romans graphiques d’autofiction et de reportage engagés. Le nouveau volet de sa série animée « Pour un sou » est attendu sur Netflix le 27 mai.














