Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Solène Reveney / Le Monde d’après Istock Les Décodeurs Les Décodeurs Les enquêtes des Décodeurs Les enquêtes des Décodeurs Les enquêtes des Décodeurs Par Anne Michel Publié aujourd’hui à 18h00, modifié à 18h01 Article réservé aux abonnés EnquêteLe constructeur autrichien facilite en France et en Europe le débridage systématique d’une partie de ses modèles, devenus illégaux et atteignant des niveaux de pollution exceptionnels, selon l’enquête européenne « Unrestricted », à laquelle « Le Monde » a participé. Décembre 2025, en Ile-de-France. La conversation se noie dans des détails techniques sur ces motos de compétition « homologuées » avec « carte grise, plaque d’immatriculation, feux, clignotants », quand soudain le responsable d’une grande concession française du constructeur KTM livre ce secret, explosif. « Toutes nos motos sont bridées de base, mais on est obligés de les débrider pour que le moteur fonctionne. KTM les livre avec un autre système d’échappement : on change d’office toute la configuration. Le mode bridé, c’est juste pour passer les tests et les normes antipollution européennes. » D’une phrase, ce représentant de la marque autrichienne, réputée pour ses modèles d’enduros à double usage, homologués pour la route mais ultraperformants en compétition sur terrain, vient de lever le voile sur une information connue des professionnels, pourtant ignorée des autorités nationales et européennes. Des motos fortement bridées pour passer le cap de l’homologation, puis modifiées une fois les tests réussis pour être commercialisées dans une version optimisée, non homologuée ? Un contournement à grande échelle des normes de l’Union européenne (UE) pour limiter les émissions polluantes et sonores des véhicules motorisés ? Ce « secret de polichinelle », comme on le qualifie dans le milieu, éclate aujourd’hui au grand jour. Un autre « dieselgate » ? Onze ans après le scandale des moteurs truqués du « dieselgate », alors que le marché de l’automobile fait pourtant l’objet d’une surveillance renforcée, l’ONG Climate Whistleblowers (CW), créée pour protéger les lanceurs d’alertes climatiques, a reçu un signalement en ce sens. Son auteur, un professionnel de la moto, dénonce des pratiques susceptibles de porter gravement atteinte à l’environnement et à la sécurité des personnes. Une affaire d’intérêt public. Il vous reste 85.02% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.