Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Débats Débats Débats Les débats sur l'éducation Les débats sur l'éducation Les débats sur l'éducation Tribune Collectif Un collectif d’acteurs de l’enseignement supérieur et de parlementaires dénonce, dans une tribune au « Monde », les annonces gouvernementales sur les frais d’inscription appliqués aux étudiants internationaux extracommunautaires qui fragilisent, selon eux, vingt ans de politique d’accueil sans fournir d’alternative. Publié aujourd’hui à 06h00, modifié à 12h36 Temps de Lecture 4 min. Article réservé aux abonnés Cette tribune paraît dans « Le Monde de l’éducation ». Si vous êtes abonné au Monde, vous pouvez vous inscrire à cette lettre hebdomadaire en suivant ce lien. Un étudiant marocain qui débarque à Lyon en septembre. Une Sénégalaise qui attend son titre de séjour depuis trois mois. Un Brésilien qui dort encore à l’hôtel en novembre parce qu’aucun bailleur ne veut de son dossier. Ce sont des situations quotidiennes que vivent les étudiants internationaux lors de leur arrivée en France. Ce sont aussi les visages réels derrière le débat ouvert par le plan « Choose France for Higher Education », présenté par le ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche, Philippe Baptiste, le 21 avril. Le ministre veut redresser le rang mondial de la France, qui est passée de la quatrième à la huitième place pour l’accueil des étudiants internationaux entre 2017 et 2023. L’objectif affiché est juste. Il veut améliorer la qualité de l’accueil, mieux orienter les flux, faciliter l’insertion des diplômés. Ces priorités sont partagées par les universités, par les associations étudiantes, par les collectivités qui financent les campus. Mais les moyens choisis interrogent. Le plan généralise des frais d’inscription de 2 895 euros en licence et de 3 941 euros en master pour les étudiants extracommunautaires, ce qui revient à multiplier par 16 le tarif que ces étudiants payaient jusqu’ici. Il supprime les aides personnalisées au logement (APL) pour au moins 100 000 étudiants à partir du 1er juillet, lorsqu’ils seront en pleine recherche d’appartement. Il flèche 60 % des bourses publiques vers une poignée de filières scientifiques jugées prioritaires. Sur le terrain, cela signifiera des étudiants qui renoncent à venir, parce que leur famille ne peut pas absorber 3 000 euros de frais en plus des 8 000 euros annuels de coût de la vie. Des étudiants déjà arrivés qui découvrent en juillet qu’ils perdront 150 euros par mois en APL, alors qu’ils ont signé leur bail en juin. Des bailleurs qui refusent désormais les dossiers internationaux parce que la garantie de l’Etat disparaît. Des étudiants en histoire, en sociologie, en littérature qui n’auront plus de bourse française parce qu’ils n’étudient pas l’intelligence artificielle. Il vous reste 67.51% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.