Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Débats Débats Débats Les débats sur l'éducation Les débats sur l'éducation Les débats sur l'éducation Tribune Collectif Les campagnes de recrutement pour les postes de maître de conférences à l’université sont en cours. Elles donnent lieu à une compétition féroce et, parfois, à des simulacres de recrutement alors qu’un favori a déjà été choisi, dénoncent, dans une tribune au « Monde », un groupe d’universitaires. Publié aujourd’hui à 06h30 Temps de Lecture 3 min. Article réservé aux abonnés Cette tribune paraît dans « Le Monde de l’éducation ». Si vous êtes abonné au Monde, vous pouvez vous inscrire à cette lettre hebdomadaire en suivant ce lien. C’est la saison des recrutements à l’université. Celle où se joue, bien plus qu’on ne le dit, l’avenir de l’institution. Devenir maître de conférences, c’est entrer dans la carrière : obtenir enfin un poste stable, un emploi de fonctionnaire, un traitement certes modeste, mais aussi la possibilité, au moins en théorie, de continuer à faire de la recherche. C’est également la première étape vers une éventuelle promotion, par concours ou nomination, comme professeur d’université. Ce processus de recrutement devrait être considéré comme l’un des actes les plus importants de la vie universitaire. Il ne l’est hélas que rarement. La première cause du désastre tient à la rareté des postes. Dans certaines disciplines, on ne compte parfois que trois ou quatre postes pour toute la France. Les docteurs s’entassent donc aux portes de l’université. Beaucoup acceptent des contrats à durée déterminée, dits « LRU », pour y garder un pied : plus d’heures d’enseignement, moins de recherche, une rémunération moindre et aucune sécurité de l’emploi. Les universités, asphyxiées financièrement, y trouvent une main-d’œuvre savante et précaire. Elles fabriquent leurs propres intermittents du savoir. Cette pénurie rend la compétition féroce. Un poste de maître de conférences peut attirer 50, 80, 100 candidats. On pourrait croire qu’une telle rareté oblige à une procédure loyale et ouverte. C’est loin d’être le cas. Les dossiers sont examinés dans l’urgence, les travaux rarement lus comme ils le devraient, les auditions expédiées en quinze ou vingt minutes. La faute en revient d’abord au ministère de l’enseignement supérieur, qui impose des délais intenables. Elle est également à imputer aux universités qui tolèrent ces procédures ubuesques. Elle est liée, enfin, à l’organisation même de la vie universitaire. Les recrutements se déroulent au moment précis où les universitaires sont saturés de tâches administratives et pédagogiques : examens du second semestre, processus de sélection chronophages sur Parcoursup comme sur Mon master et préparation de la rentrée suivante. Il vous reste 55.1% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.
« Les universités, asphyxiées financièrement, fabriquent leurs propres intermittents du savoir »
TRIBUNE. Les campagnes de recrutement pour les postes de maître de conférences à l’université sont en cours. Elles donnent lieu à une compétition féroce et, parfois, à des simulacres de recrutement alors qu’un favori a déjà été choisi, dénoncent, dans une tribune au « Monde », un groupe d’universitaires.








