Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Débats Débats Débats Universités Universités Universités Tribune Julien Boudon Professeur de droit public Jérôme Héricourt Professeur d’économie Julien Boudon et Jérôme Héricourt, respectivement professeur de droit et professeur d’économie à l’université Paris-Saclay, déplorent, dans une tribune au « Monde », le sous-investissement dans l’enseignement supérieur public, qu’ils imputent à l’impécuniosité chronique de l’Etat et au désintérêt des élites dirigeantes. Publié aujourd’hui à 08h00, modifié à 11h51 Temps de Lecture 4 min. Article réservé aux abonnés Le sujet de la situation financière alarmante des universités françaises revient périodiquement dans l’actualité, jetant une lumière crue sur la paupérisation de l’enseignement supérieur public dans notre pays. En 2024 comme en 2025, 80 % des universités sont peu ou prou déficitaires. La cause principale du mal est clairement identifiée : la hausse structurelle des charges fait face à des ressources financières en berne, au premier chef à l’insuffisante dotation financière de l’Etat. A la hausse des effectifs étudiants et à l’accroissement spontané de la masse salariale – le « GVT » pour « glissement vieillesse technicité » [lié à l’évolution des carrières] – s’est ajoutée, en 2023-2024, l’augmentation du point d’indice et de la facture énergétique. Le bilan est implacable : les établissements sont obligés de dégrader l’encadrement des étudiants par des gels de postes d’enseignants-chercheurs et par une baisse de la dépense par étudiant à l’université de près de 7 % au cours de la période allant de 2013 à 2023, soit une réduction de 1 000 euros en dix ans. En outre, et cela est moins souvent évoqué, le sous-financement chronique de l’université réduit le nombre de docteurs en France, dans un contexte où le diplôme de doctorat, symbole d’excellence à l’échelle internationale, pâtit d’un manque de reconnaissance persistant dans l’Hexagone. Comme l’a rappelé, en 2024, un rapport consacré à ce sujet, avec 1 % de titulaires d’un doctorat âgés de 25 à 34 ans, la France accuse du retard par rapport à la moyenne des pays de l’Organisation de coopération et de développement économiques (1,3 %) mais aussi à la Suisse (3 %), aux Etats-Unis (2 %), à l’Allemagne (1,6 %) ou au Royaume-Uni (1,5 %). Autre statistique révélatrice, selon le même rapport : entre 2011 et 2020, le nombre de docteurs a crû de 43 % en Chine, de 19 % en Inde et de près de 7 % aux Etats-Unis, tandis qu’il a baissé de 17 % en France. Cette tendance est particulièrement préoccupante, car la désaffection pour le doctorat signifie moins de recherche, moins d’innovation et, partant, moins de croissance à l’avenir. Il vous reste 68.07% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.
« La hausse des droits d’inscription n’est pas une réponse suffisante à la crise financière que traversent les universités »
TRIBUNE. Julien Boudon et Jérôme Héricourt, respectivement professeur de droit et professeur d’économie à l’université Paris-Saclay, déplorent, dans une tribune au « Monde », le sous-investissement dans l’enseignement supérieur public, qu’ils imputent à l’impécuniosité chronique de l’Etat et au désintérêt des élites dirigeantes.








