Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement ALEXA BRUNET POUR « LE MONDE » Société Société Société Ruralités Ruralités Ruralités Par Camille Bordenet Publié aujourd’hui à 05h15, modifié à 15h33 Article réservé aux abonnés RécitManque de dialogue, procès en élitisme : après six ans de mandature écologiste, la commune drômoise a préféré revenir à une gouvernance plus traditionnelle. Ce n’est pas du côté du clivage binaire entre droite et gauche ou entre « néoruraux » et natifs du pays que s’est joué le scrutin, mais dans des coups de canif portés, de part et d’autre, au vivre-ensemble. La tour de l’Horloge de Dieulefit semble avoir suspendu le temps et sa devise : « Lou tems passo, passo lou ben » (« Le temps passe, passe-le bien » dans un dialecte occitan). La salle de vote est archicomble, ce dimanche 15 mars au soir ; une foule jusqu’au-dehors, sur le parvis de l’hôtel de ville. Artisans, commerçants, travailleurs du BTP, aides à domicile, employées du Super U… même les jeunes en sont. A croire que les 3 200 habitants de ce bourg de la Drôme provençale ont rendez-vous avec l’histoire. Chacun retient son souffle à mesure que l’on déplie les bulletins. Sur les coups de 21 heures, une clameur monte, puis des exclamations. On pensait l’origami des voix serré, voilà la victoire écrasante : la liste dite « dieulefitoise » de Patrice Benoit (divers droite), jusqu’alors conseiller municipal d’opposition, l’emporte à 56,56 % sur celle du maire écologiste sortant, Christian Bussat (divers gauche). Près de 80 % de participation : du jamais-vu, de mémoire d’habitants. Il y a des cris de joie et des « ouf ! » de soulagement d’un côté. Des pleurs de l’autre. Ce soir-là, Bastien Chalon préfère rester en terrasse. Bastien connaît tout d’ici : chaque bagnole, chaque voix, chaque brouillerie. Ce barbu costaud est né au pays il y a quarante ans, d’une vieille famille, y a monté sa boîte de construction en bois – qui emploie une trentaine de gars du coin – à 21 ans, y a eu sa fille, puis rencontré et épousé Charlotte, une « néo » qui arrivait de Paris avec ses enfants. Il vous reste 93.71% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.