Les écoles de management font face à des défis de taille, avec toujours en ligne de mire l’insertion professionnelle de leurs étudiants. Delphine Manceau, présidente de la Conférence des grandes écoles et directrice générale de Neoma, a répondu à nos questions.LE PARISIEN. Comment se portent les grandes écoles de commerce aujourd’hui ?DELPHINE MANCEAU. Elles sont très reconnues à l’international. Sur les 100 premières business schools européennes classées par le Financial Times, un quart sont françaises et la France est le pays numéro 1. Mais nous faisons face à de fortes tensions dans un monde complexe. La démographie ne nous est pas favorable et les financements de l’apprentissage se réduisent. Nous sommes en transformation, avec de nouvelles opportunités : formation continue, recrutement international, changement des métiers auxquels se destinent nos élèves, intégration des nouvelles technologies et de l’IA. La quête d’excellence avec notamment les labels ou les classements internationaux porte-t-elle ses fruits ?Cela est évident car nous attirons de plus en plus d’étudiants de tous les pays. Nos efforts ont porté leurs fruits et nous avons eu raison d’investir dans la qualité ces dix dernières années. C’est d’ailleurs une condition fondamentale dans un environnement devenu très concurrentiel.À l’instar de NEOMA que vous dirigez, des investissements très importants ont été réalisés dans les campus ou les nouvelles technologies : c’est indispensable pour figurer dans le Top Mondial ? Oui, il faut investir aujourd’hui dans les infrastructures. Nos diplômés feront la différence à travers leurs capacités à travailler en groupe, à communiquer et à comprendre les autres dans un contexte de technologie avancée. Les campus sont essentiels dans un monde où il faut allier qualités humaines et compétences techniques. Pour ne parler que des campus de Neoma à Reims et à Paris, ce sont plus de 200 M€ qui ont été investis, sans compter les projets qui arrivent à Rouen.L’international s’impose comme un levier de croissance pour les business schools. Pourquoi cette stratégie fonctionne selon vous ?Dans les grandes écoles de la CGE, un étudiant sur 4 est international. Dans le contexte géopolitique actuel, la France et l’Europe s’imposent véritablement comme des ilots de stabilités rassurants. Il y a donc un potentiel de croissance pour nous, même si les autres pays sont aussi confrontés aux mêmes problèmes démographiques et que tous nos voisins consentent des efforts importants pour attirer les candidats.Les grandes écoles ne recrutent plus exclusivement des élèves issus des prépas. Cette filière est-elle encore la voie d’excellence ?Aujourd’hui, près de 20 000 élèves sont inscrits en prépa aux écoles de commerce. C’est plus qu’il y a 20 ans. La prépa reste la voie royale et elle continue d’attirer les jeunes. Dans le même temps, les écoles de commerce ont grandi et diversifié leur portefeuille de programmes. Les passerelles au cours des études se sont multipliées, de même que les programmes pluridisciplinaires. C’est une très bonne nouvelle pour les jeunes qui peuvent faire évoluer leurs parcours. Comme dans les entreprises, l’avenir est à la diversité.Notre dossier « écoles de commerce » :Classement des écoles de commerce : HEC au sommet, les écarts se resserrentAlternance, international, frais d’inscription : découvrez les meilleures écoles de commerce 2026 par critères Critères, pondération, sources des données... dans les coulisses de notre classement des écoles de commerceIA, international, expérience étudiante... Les écoles de commerce sont-elles si différentes les unes des autres ?« Nous avons eu raison d’investir dans la qualité ces dix dernières années » « J’avais peur que ce genre de réflexion approfondie me manque » : opération séduction pour les prépas (à venir)« J’ai travaillé mon profil LinkedIn comme une marque » (à venir)Le guide pour bien préparer les concours (à venir)L’IA dans les écoles (à venir)Les écoles multiplient les partenariats avec les grands établissements mondiaux (à venir)Demain, tous managers ingénieurs ? (à venir)Pourquoi les diplômés jouent leur carte avant même d’avoir leur diplôme ? (à venir)
École de commerce : « Nous avons eu raison d’investir dans la qualité ces dix dernières années »
Alors que les écoles management sont nombreuses, les établissements français semblent tirer leur épingle du jeu.













