Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Débats Débats Débats Écoles de commerce Écoles de commerce Écoles de commerce Tribune Xavier Pavie Professeur à l’Essec Business School Dans une tribune au « Monde », le philosophe observe le désintérêt croissant du monde anglo-saxon pour l’éthique des affaires. Il appelle les institutions européennes à ne pas y renoncer pour autant, et à cesser de chercher une « validation culturelle étrangère à nos valeurs ». Publié aujourd’hui à 15h00 Temps de Lecture 3 min. Article réservé aux abonnés Chaque année, le quotidien britannique Financial Times publie une liste de revues académiques servant à évaluer et à classer les meilleures écoles de commerce du monde. Ce classement, scruté par les institutions, oriente directement les stratégies de publication des chercheurs : ces derniers publient là où cela compte pour le ranking et, accessoirement, pour leur carrière. En 2026, après consultation des 200 écoles les mieux classées, le Financial Times a discrètement retiré de sa liste trois revues ayant une particularité commune : elles accordaient une place réelle à la réflexion critique et éthique. Parmi elles, le Journal of Business Ethics, l’une des rares revues du domaine à s’interroger sur les fondements moraux du monde des affaires, mais aussi Organization Studies et Human Relations, deux publications ouvertes aux approches critiques des organisations. Le signal envoyé est brutal dans sa clarté : publier sur l’éthique ou la pensée critique ne vaut plus rien dans la course aux classements. Et ce que les classements ne récompensent pas, les écoles de commerce cessent rapidement de le financer, de le valoriser et d’y consacrer des postes. Ce recul est d’autant plus frappant que l’éthique des affaires est elle-même une création des écoles de commerce américaines. C’est dans les années 1970, en réaction aux scandales corporatifs tels que le Watergate, l’affaire de corruption chez Lockheed ou, plus généralement, face à la montée du capitalisme actionnarial que le business ethics s’impose comme discipline académique à part entière. Financiarisation débridée Harvard, Wharton, puis progressivement toutes les grandes institutions intègrent des cours de philosophie morale appliquée aux organisations. Après la faillite d’Enron et la crise financière de 2008, la responsabilité sociale des entreprises et la gouvernance éthique connaissent un nouvel essor. Les revues spécialisées se multiplient, des chaires se créent, et les cours autour de ces thèmes se développent. Il vous reste 68.3% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.
Xavier Pavie, professeur à l’Essec : « Les écoles de commerce européennes doivent cesser de courir après des classements qui ne reflètent pas leurs valeurs »
TRIBUNE. Dans une tribune au « Monde », le philosophe observe le désintérêt croissant du monde anglo-saxon pour l’éthique des affaires. Il appelle les institutions européennes à ne pas y renoncer pour autant, et à cesser de chercher une « validation culturelle étrangère à nos valeurs ».








