Grâce à La bohème de Puccini, l’Opéra de Québec remplit cette semaine le Grand Théâtre. Malgré la brillante présence de Clemens Schuldt dans la fosse, le spectacle reste cependant très en deçà du niveau proposé par l’institution ces dernières saisons, à l’exception de quelques pépites vocales.Il est difficile de faire la part des choses dans cette Bohème de Puccini de l’Opéra de Québec. La « part des choses », c’est jauger l’ultime zeste d’impact de Jean-François Lapointe, par rapport à ce qui est redevable au (long) mandat de direction générale intérimaire, puis à celui de la nouvelle direction.Ce qui est sûr, c’est que l’on doit à Jean-François Lapointe d’avoir convaincu le directeur musical de l’Orchestre symphonique de Québec (OSQ), Clemens Schuldt, de diriger un opéra et d’avoir concocté une distribution qui réunissait notamment, à l’origine, Alexandra Marcellier en Mimi, Julien Dran en Rodolfo et Élisabeth Boudreault en Musetta.SatisfactionsLa présence de Clemens Schuldt est un vrai bonheur : l’orchestre est omniprésent, très actif et le chef avance sans coup férir en épaulant sans cesse les chanteurs. Le son de l’OSQ est dense et d’une admirable cohésion.Le retour d’Élisabeth Boudreault au Québec est un franc succès. Sa présence scénique est merveilleuse, la voix très bien contrôlée, le timbre rond. Par goût personnel, nous aimons les Musetta un peu plus piquantes, plus aiguisées, comme Sydney Baedke qui avait chanté ce rôle en version concert avec Francis Choinière.Alexandra Marcellier a été de très loin la grande vedette de la soirée : tenants et aboutissants du personnage parfaitement maîtrisés, voix contrôlée, timbre idéal pour le rôle… Elle est presque trop en santé, mais quel festin vocal.
«Bohème», malaise et torticolis
Les gaucheries de ce spectacle de l’Opéra de Québec avec l’OSQ forment un quasi-plaidoyer pour l’opéra en concert.









