L’Opéra de Québec achève sa saison régulière en mettant à l’affiche La bohème de Puccini à partir de samedi. Ce sera le premier opéra dirigé par Clemens Schuldt dans la capitale nationale. La distribution nous propose une palette de chanteurs québécois aux fortunes diverses dans la mise en valeur de leur talent. Le Devoir s’est entretenu avec eux, à l’écoute des opportunités et des embûches d’un métier exaltant, mais précaire, qui aboutit à une question : faut-il partir pour exister ?« C’est la première fois que je reviens au Québec ! J’ai fini McGill et même pas un mois plus tard, j’étais déjà en France », nous dit Élisabeth Boudreault. La Québécoise formée par Aline Kutan, qui incarnera Musette dans La bohème est, parmi les trois chanteurs avec lesquels Le Devoir s’est entretenu, l’archétype de ces artistes lyriques québécois dont on ne sait même pas, ici, qu’ils existent.Fortunes diversesÀ 31 ans, Élisabeth Boudreault a notamment chanté, en Europe, Frasquita dans la production de Carmen à Glyndebourne en 2024, endroit qu’elle a retrouvé en 2025 pour Les noces de Figaro. Elle vient de se produire dans Les saisons de Haydn avec William Christie et Les Arts florissants.Si le nom d’Élisabeth Boudreault sera pour la première fois sur une affiche ici, hors cadre universitaire, celui de Geoffroy Salvas est bien connu. Depuis 2016, nous l’entendons régulièrement ici. Il chantait alors Pilate dans la Passion selon saint Matthieu de Bach par Kent Nagano. En dix ans, pas un souvenir d’une prestation en demi-teinte. Valeur sûre, le baryton est un homme à tout faire des scènes québécoises : Néron portant sur ses épaules un opéra contemporain, associé au projet Chaakapesh de l’OSM, incarnant Morales dans Carmen ou Masetto dans Don Giovanni, chantant la partie de baryton dans le Requiem de Dompierre, Salvas est l’équivalent du « parfait second rôle » au cinéma.