Publié le 20/05/2026 09:06

Mis à jour le 20/05/2026 09:07

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Comme chaque soir durant la 79ème édition du festival de Cannes, Aurélia Gardes vous présente les films mis à l'honneur durant la journée.

Ce texte correspond à une partie de la chronique ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder dans son intégralité.L'attraction ce mardi 19 mai, le film du réalisateur espagnol Pedro Almodóvar. Autofiction qui a donc été présentée ce soir. Almodóvar qui va tenter de remporter pour la première fois une Palme. Lorsque Pedro Almodóvar arrive sur les marches, c'est toute l'attention émotionnelle qui monte d'un cran. Car c'est le cinéaste de la passion, du désir et du drame. Et d'autant plus lorsqu'il est accompagné de son actrice fétiche Rossy de Palma. Grand chouchou du festival de Cannes. Il n'a pourtant jamais eu la Palme d'Or. Seulement le prix de la mise en scène pour Tout sur ma mère en 1999 et aussi le prix du scénario pour Volver en 2006, qui avait aussi valu à Penélope Cruz le prix d'interprétation féminine. Autofiction, c'est l'histoire de Raúl, un cinéaste en mal d'inspiration. Lorsqu'un drame arrive à sa proche collaboratrice, il décide de s'en inspirer. Mais petit à petit, elle va devenir le miroir du réalisateur et les deux personnages vont se mêler de plus en plus intimement. Ce film, en fait, c'est une réflexion sur l'autofiction qui divise autant qu'elle détruit. Dès les premières images, on reconnaît les couleurs flamboyantes chères à Almodóvar qui masquent souvent les failles et les blessures. Alors, son personnage principal, c'est un peu le double de lui-même. Ce personnage qui est en mal d'inspiration, il en a déjà parlé dans un film précédent. C'était Douleur et Gloire. C'est un thème qui lui est de plus en plus cher, cette frustration de ne pas arriver à créer. Après, c'est vrai qu'il vieillit, Pedro Almodóvar. Ça le touche beaucoup, mais aujourd'hui, il y met encore plus de lui-même. C'est encore plus autobiographique. Il révèle ses maux de tête, ses crises d'angoisse. Par contre, le personnage principal qui carbure au mezcal, on sait que ce n'est pas Almodóvar, parce qu'il a toujours dit que pour créer, lui, il buvait du thé et de l'eau. Donc, il va falloir dénouer subtilement la part de l'autobiographie et la part de la fiction."Oui, cela me ressemble beaucoup. J'ai toujours été fasciné par l'origine de la création et par le lien entre l'inspiration, la vie et la réalité. Et ce film aborde cela d'une manière profonde. Dans le cas du réalisateur, celui qui me représente vraiment, c'est un réalisateur en crise qui n'a pas d'autre sujet et qui commence à parler de lui-même. Mais je pense que lorsqu'un réalisateur est inspiré, il devient un être très égocentrique. Il ne pense qu'à l'histoire qu'il veut raconter et ne pense pas aux autres", a déclaré Pedro Almodóvar.Autre événement sur la Croisette, le film "Minotaure" du réalisateur russe Andreï Zviaguintsev. Alors, ce qui est sûr, c'est que le film marque le retour de ce réalisateur russe qui est exilé en France depuis 2022 parce que c'est un opposant au régime de Poutine. C'est une grande figure aussi du cinéma d'auteur russe. Très apprécié à Cannes. Lui aussi, il a déjà eu deux prix. Il a eu le prix du jury en 2017 pour Faute d'amour et aussi le prix du scénario pour Léviathan en 2014. Et comme vous pouvez le voir sur les images, le film a suscité beaucoup, beaucoup d'émotions cet après-midi. On voit l'acteur principal en larmes. Le réalisateur également, et il a été très applaudi. Alors l'histoire se déroule en Russie en 2022. C'est l'histoire de Gleb, un chef d'entreprise plutôt prospère pour qui tout va très bien. Il vit avec sa femme et son fils dans une petite ville de province. Jusqu'au jour où il commence à avoir des problèmes professionnels et là son monde bien carré va commencer à se déliter. Il va s'effondrer dans une sorte de violence un peu ultime. Le film est inspiré par un film de Chabrol, La Femme infidèle. Pas de propagande anti-guerre dans le film, mais on la retrouve un peu à travers les images. Il n'a pas pu tourner son film en Russie. Il a eu du mal à caster les acteurs russes. Il l'a tourné à Riga, en Lettonie. Il a dit qu'il ne retournerait jamais. Voilà, c'est un film qui a une petite connotation politique et qui sortira en France qu'en octobre. Celui-ci ne rentre pas dans les cases dont on parlait tout à l'heure.On termine par la séquence archive. Si on devait décerner aujourd'hui la palme de l'actrice la mieux accompagnée au Festival de Cannes, ce serait sans hésitation Claudia Cardinale qui en 1963 est carrément venue avec son guépard pour un film qui portait le même titre. Quelques années auparavant c'était Eddie Constantine qui avait débarqué sur la Croisette avec un mouton. On a aussi pu voir Brigitte Bardot avec un perroquet. Voilà, tout ça pour dire que ce petit côté absurde et humoristique du Festival de Cannes nous manque un petit peu parfois.