19 mai 2026Aujourd'hui à 18:38Avec le très autobiographique «Autofiction», Almodóvar renoue avec ses obsessions habituelles: les femmes, la douleur et les couleurs saturées. Raúl est cinéaste, et il est à sec. Mais un drame surgit dans son entourage, lui donnant l’idée de le transformer en film. Il invente alors Elsa, une réalisatrice dont la vie finit par ressembler à la sienne trait pour trait. Almodóvar expose ainsi son dispositif: une fiction dans la fiction, centrée sur un double féminin et un jeu de mise en abyme, totalement assumé.Après un détour en anglais il y a deux ans avec "La Chambre d'à côté", il revient en Espagne, et avec lui ses obsessions habituelles: les femmes, la douleur recyclée en cinéma, les intérieurs saturés de rouge et d'ocre. Il retrouve aussi quelques acteurs (Leonardo Sbaraglia, Aitana Sánchez-Gijón) qu’il filme avec la familiarité de quelqu'un qui sait exactement où chercher les failles de ses personnages.Le problème, c'est que ce terrain est connu. Son "Douleur et Gloire" était déjà ce film-là, ou presque, autobiographique, intime, le cinéaste se regardant créer. La surprise n'est donc pas vraiment au rendez-vous. Ce qu’on retient, c'est la précision de la mise en scène, les couleurs et les décors toujours aussi soignés, et une question assez pertinente: jusqu'où peut-on piller sa propre vie pour en faire du cinéma? Pas le meilleur Almodóvar. Mais un Almodóvar quand même."L’abandon" de Vincent Garenq. Avec Antoine Reinartz, Emmanuelle Bercot…