Publié le 19/05/2026 09:53
Mis à jour le 19/05/2026 09:57
Temps de lecture : 5min - vidéo : 7min
Comme chaque soir durant la 79ème édition du festival de Cannes, Aurélia Gardes vous présente les films mis à l'honneur durant la journée.
Ce texte correspond à une partie de la chronique ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder dans son intégralité.À chaque édition, sa polémique. On n'y coupe pas encore cette année. Une tribune publiée par Libération fait couler beaucoup d'encre sur la Croisette, tribune qui dénonce l'emprise grandissante de Vincent Bolloré dans l'industrie du cinéma. Cette tribune a été signée par 600 professionnels du cinéma, essentiellement des producteurs, mais il y a aussi des têtes d’affiche comme Juliette Binoche, Adèle Haenel, Jean-Pascal Zadi et même Raymond Depardon. Tous critiquent l'emprise grandissante de Bolloré dans l'empire du cinéma, dans le 7e art. Il faut savoir quand même que le milliardaire possède StudioCanal qui produit les films, mais aussi MyCanal qui les diffuse, et 33 % du groupe UGC qui les exploite, ce qui veut dire qu'ils maîtriseraient l'entièreté de la chaîne de fabrication d'un film. Ça peut faire peur, sans oublier les Césars qui remettent les récompenses. Ils ont surtout voulu, avec cette tribune, dire leur peur. La peur aussi que l'idéologie de Vincent Bolloré ne vienne s'immiscer aussi dans les scénarios des films, dans le choix des films. Surtout cette peur-là. Il n'y a pas eu encore jusqu'à présent, ce qu'on sache de censure. Il n'y a pas de censure en tout cas, donc n'allons pas trop loin. En revanche, la réaction du président du Directoire de Canal Plus a été très violente puisque Maxime Saada a dit très clairement que Canal Plus ne travaillerait plus jamais avec les 600 signataires de cette tribune, ce qui est peut-être un peu exagéré. En tout cas, ce qui a fait réagir aujourd'hui Adèle Exarchopoulos et une autre actrice qui était au Festival de Cannes, Sara Giraudeau. "Tu ne peux pas craindre de perdre ton travail juste parce que tu exprimes une inquiétude collective", estime la comédienne Adèle Exarchopoulos. "Il faut chacun faire des compromis de chaque côté, mais je pense qu'il faut essayer de continuer à réussir à s'entendre parce que Canal Plus finance quand même une grande partie du cinéma et des films qui ne vont peut-être pas forcément dans leur lignée de pensée aussi, donc ça signifie qu'il y a une petite liberté qui peut continuer quand même à exister", indique Sara Giraudeau. Parmi les signataires de cette tribune, le réalisateur français Arthur Harari, qui a présenté ce lundi 18 mai son film "L'Inconnue". C’est l'un d’ailleurs des cinq films français en compétition et l’un des plus attendus.Après, il faut dire que le casting est très attractif comme vous pouvez le voir. Donc sur les marches ce lundi, il est assez doux, dans un magnifique smoking, et son partenaire Niels Schneider dans le même smoking, ça c’est assez drôle, et sa compagne Virginie Efira. Donc très attendu parce que Léa Seydoux, c’est une grande habituée du Festival de Cannes, elle a eu 11 films en compétition officielle, ce qui est presque un record. Il faut savoir qu'elle a été l’actrice principale de La Vie d’Adèle qui a eu la Palme d’Or en 2013 et elle a un autre film en compétition cette année, Gentle Monster de Marie Kreutzer. Très attendu aussi : le réalisateur Arthur Harari, qui avait co-écrit et co-signé Anatomie d’une chute, c’était la Palme d’Or de 2023. Il revient donc avec un thriller fantastique. C’est un thriller mental, un peu envoûtant, même très déroutant, un peu kafkaïen sur le dédoublement. Il a adapté en fait la bande dessinée de son frère. Lucas Harari, la bande dessinée s’appelle Le Cas David Zimmerman. C’est l’histoire d’un photographe, plutôt solitaire, qui au lendemain d’une nuit d’amour avec une jeune fille qu’il a croisée tout à fait par hasard va se réveiller le lendemain matin dans son corps à elle. Le cinéma roumain est également mis à l'honneur, avec le réalisateur Cristian Mungiu, multiprimé à Cannes, qui revient donc avec un film très attendu, un drame : "Fjord" avec actrice norvégienne Renate Reinsve, qui avait eu le prix d’interprétation féminine pour Julie en 12 chapitres, le film de Joachim Trier sorti en 2021. Voilà, alors l’histoire, là c’est un couple roumano-norvégien qui s’installe tout au bout d’un fjord et qui va sympathiser avec ses voisins, une autre famille, les enfants vont s’entendre à merveille. Tout semble idyllique jusqu’au jour où l’enseignante découvre sur le corps de la fille aînée des ecchymoses. Et à partir de ce moment-là, on va suspecter les parents parce qu’ils ont une éducation très pieuse et une manière d’éduquer leurs enfants très traditionnelle, et toute la communauté va se mettre à douter d’eux. Cristian Mungiu est connu pour son réalisme très très fort, c’est-à-dire qu’il décrit la vie quotidienne dans ce cas-là de façon très crue. Attention, il sait susciter le malaise, ses films sont déroutants, mais c’est très cru, et c’est ce qu’on aime aussi chez lui. C’est un ancien enseignant qui a aussi été un ancien journaliste, pour nous journaliste de presse écrite, de radio, de télévision, et qui est un peu le chouchou du Festival de Cannes. Alors, il a déjà eu la Palme d’Or, donc ça lui en ferait deux. En 2007, c’était pour un film qui s’appelle 4 mois, 3 semaines et 2 jours. Il a aussi eu en 2012 le prix du scénario et un double prix d’interprétation pour son film Au-delà des collines, et en 2016 le prix de la mise en scène pour Baccalauréat. Donc c’est dire déjà toutes les récompenses qu’il a eues. Il est très aimé à Cannes.C’est une scène mythique du Festival de Cannes, on est en 1963, Alfred Hitchcock et son actrice Tippi Hedren viennent présenter "Les Oiseaux", et il nous fait une mise en scène comme il aime, un peu sophistiquée, les oiseaux s’envolent, ce sont de vrais oiseaux, il y a des mouettes et des corbeaux, sauf ce qu’il n’a pas prévu, c’est que ça fait peur au photographe et les oiseaux se vengent sur lui.













