Pour Chrysoline de Gastines, le blanc n’est pas une couleur, mais un canevas qui capte la lumière et offre une respiration.© Justin PaquayLa cuisine au centreLe brief était limpide: faire une maison pour six, vivante, accueillante, traversée par des flux naturels. "On voulait que ça circule hyper bien", insiste Chrysoline. Il fallait penser à tout: les retours d’école, les allées et venues par le garage ou l’entrée principale, les grandes tablées, les week-ends avec la famille, les amis qui passent. La cuisine s’est donc imposée comme le cœur battant de la maison. Ouverte sur la salle à manger et le salon, elle agit comme point de ralliement, presque comme une place centrale. "On adore recevoir, en plus de nos quatre enfants, nous avons également chacun une grande famille: j’ai cinq sœurs, Victorien en a trois, nos parents vivent aussi à Lille. Il fallait que ce soit accueillant et facile à vivre. J’aime que la cuisine soit un élément central. C’est une clé pour créer la convivialité. "Lire aussiLes rayures emblématiques de Balzac Paris se sont naturellement invitées dans l’intérieur familial.© Justin PaquayEntre bois et imprimé léopardCette recherche de fluidité se lit aussi dans le traitement de la lumière. Chrysoline voulait un intérieur presque monochrome, "un écrin plutôt blanc, du sol au plafond", capable de capter chaque variation du ciel du Nord. Le parti pris est radical mais chaleureux: les surfaces claires diffusent la lumière hiver comme été, et donnent à la maison une sensation immédiate d’apaisement, presque comme une maison de vacances. "C’est confortable de rentrer chez soi et que ce soit immédiatement lumineux", dit-elle. Pour réchauffer cet ensemble très clair, le bois intervient comme une ponctuation. On le retrouve en boiseries autour des portes, dans la cuisine, par touches structurantes. "Ça apporte de la couleur, de la texture et du volume." Ce vocabulaire matériel, elle le connaît bien: c’est aussi celui des adresses Balzac, où le bois occupe une place importante. Comme les rayures, disséminées un peu partout, ou encore le léopard, "mon motif depuis toujours", ajoute-t-elle.Affiche signéeCôté déco, on vogue entre pièces rapportées de Paris, mobilier chiné, objets de famille et quelques signatures de design. "Un doux mélange", résume-t-elle. Dans les pièces de vie, les couleurs restent discrètes, presque retenues. Les chambres des jeunes, en revanche, s’autorisent davantage de fantaisie, avec des papiers peints choisis avec chacun d’eux. "Chaque enfant a son papier peint spécifique, choisi ensemble. C’est gai et lumineux." Et à la question, que sauverait-elle si elle devait quitter les lieux "illico presto", "la question est difficile: mes enfants? ma peau (rires)?". Mais nous voulons un objet: "une affiche signée de l’artiste Peter Klasen qui trône dans le salon, reçue de mon père. Elle date du jour où il m’a emmenée à Drouot pour la première fois, quand j’étais étudiante."Lire aussiLes livres et magazines y font office d’ultime source d’inspiration, mémoire tangible des années passées par Chrysoline de Gastines chez Marie Claire Maison.© Justin Paquay"Il y a de l’ordre, mais sans que cela devienne une obsession. Nous ne sommes pas maniaques. Une maison doit avant tout être simple à vivre."La maison fait le moineCe goût pour les intérieurs habités ne date pas d’hier. Chrysoline a grandi entourée d’art, sensibilisée très tôt par un père collectionneur instinctif, amateur de salles de vente et de trouvailles parfois inattendues. Plus tard, elle travaillera chez Marie-Claire Maison avant de lancer Balzac Paris. La décoration, pour elle, dit autant d’une personne que sa manière de s’habiller. "La déco est au moins aussi importante qu’un dressing: ça en dit long sur qui tu es, comment tu vis, comment tu aimes vivre avec les autres." Chez elle, selon les humeurs, un objet peut changer (régulièrement) de pièce, un meuble se réinventer selon les usages.Cette souplesse se retrouve dans le rapport à l’extérieur, pensé comme un prolongement naturel de l’intérieur. Leur chambre, installée au rez-de-chaussée, s’ouvre directement sur le jardin. Un choix nourri par un souvenir d’enfance très précis: celui de ses parents ouvrant leurs volets sur la terrasse, dans une continuité simple et heureuse entre la maison et dehors. Elle voulait retrouver cela ici: "ouvrir les volets et être directement sur le jardin". Le jardin, justement, est devenu une vraie pièce en plus. Au retour de Paris, il les a "bluffés". Aux premiers rayons de soleil, tout s’y déplace: les enfants, les repas, les fins de journée."On vit très famille, portes ouvertes, tout le monde débarque." L’ordre existe mais sans obsession. "On n’est pas maniaques: ordonnés, mais pas crantés du rangement. Il faut que la maison reste facile à fermer, facile à ouvrir, facile à vivre." Elle nous confie (et nous voilà rassurés) qu’un grand placard accueille parfois en vrac le trop-plein du quotidien, avant qu’un regain d’énergie ne remette tout en place.À l’image de son vestiaire, l’intérieur de Chrysoline mêle rigueur et douceur, lignes nettes et souvenirs, blanc lumineux (comme sa jupe portée ce jour-là) et matières chaudes. Une maison pensée pour accueillir, circuler, grandir, et surtout pour être vécue. Sans effet de manche, bien sûr.Ce 20 mai, Balzac Paris franchit les frontières et s’installe au cœur de la capitale belge: 90 avenue Louise, 1050 Bruxelles | www.balzac-paris.comLire plusDécouvrez l'intérieur minimaliste d'un penthouse new-yorkaisÀ Paris, ce triplex-penthouse près des Tuileries rénové pour sublimer une collection d’artUn appartement haussmannien à Paris, entre design cinématographique et luxe compact