Beau temps, mauvais temps, les musées de la région de proposent plusieurs expos pour l’été. Tour d’horizon des nouveautés à ne pas manquer.

Se faire plaisir au Musée de la civilisation de Québec (MCQ)À quoi le plaisir sert-il ? Qu’est-ce qui le distingue du bonheur ? Que faut-il pour être heureux ? Autant de questions qui seront explorées cet été au MCQ, dans l’exposition Plaisirs.C’est au sortir de la crise sanitaire que l’équipe du musée a eu l’idée de se pencher sur ce thème, désirant insuffler un vent d’optimisme à son public. « On avait besoin de quelque chose de positif et de réfléchir à ce qui est vraiment important dans nos vies, à ce qui nous fait du bien », explique Marie-Christine Bédard, chargée de projet d’exposition pour l’institution.Jeu de marelle au sol, rires d’enfants, projections immersives… « C’est une exposition, mais surtout une expérience multisensorielle, décrit-elle. Le design a été conçu pour proposer quelque chose de ludique. »Il existe autant de définitions de ce qui fait du bien que d’individus, rappelle Marie-Christine Bédard. Les visiteurs seront donc amenés à parcourir cinq zones distinctes pour réfléchir à leur propre vision de ce qui leur procure du bien-être, à commencer par celle démystifiant les sources de plaisir.Pour vulgariser la science et les mécanismes derrière le plaisir, l’établissement a également collaboré avec plusieurs experts, notamment des psychologues et des neurologues. « On a aussi un volet philosophique et un autre, plus sociologique », ajoute la chargée de projet. Au total, environ 200 personnes, y compris des artistes, calcule-t-elle, ont participé à la création de cette exposition.Néons, écrans de projection, boîtes DEL, voix d’influenceurs du Web… Une troisième section de l’exposition se penche sur la quête de plaisir et ses écueils. « On est comme sur notre fil Instagram ou sur Facebook. C’est un genre de Times Square, à la puissance 1000, décrit Marie-Christine Bédard. C’est très agressant, pour mettre en lumière le fait qu’on vit dans une société où l’on cherche à en avoir toujours plus, parce qu’on a de la pression en se comparant aux autres. »Qui dit plaisir des sens dit aussi plaisir charnel. Une zone de la visite est donc spécifiquement consacrée à l’exploration d’une sexualité positive. Les visiteurs se retrouvent alors dans un jardin « sensoriel », décrit la chargée de projet d’exposition, où des éléments évoquent différentes parties du corps humain, tel un portail en forme de pubis féminin ou des phallus surdimensionnés. « C’est une approche esthétique, pas pornographique, souligne-t-elle. Oui, ça peut être déstabilisant pour certains, mais c’est surtout conçu de façon poétique et artistique. »Bien qu’ouverte à tous, Plaisirs a d’abord été pensée pour un public adulte, souligne Marie-Christine Bédard. Néanmoins, la section abordant des thèmes plus sensuels n’est pas essentielle à la visite de l’exposition. « On peut très bien la contourner, parce qu’elle est installée au fond de la salle, précise-t-elle. Mais on ne voulait pas se censurer pour pouvoir aller assez loin dans notre proposition. »Il n’est pas nécessaire d’entrer dans cette zone pour vivre une expérience ludique, indique la chargée de projet d’exposition à l’égard des plus jeunes. Elle cite en exemple la section destinée aux relations interpersonnelles et à la nature, étape ultime de ce parcours muséal. « Il y a un magnifique mobilier tout en rondeur dans lequel on peut jouer, [qu’on peut] explorer à quatre pattes », dit-elle.Avant de quitter les lieux, les plus âgés seront invités à réfléchir à la distinction entre plaisir et bonheur et à se recentrer sur l’essentiel. « Est-on heureux quand on a du plaisir ? Ou le plaisir, tout en contribuant au bonheur, suffit-il ? dit Marie-Christine Bédard. Ce qui nous rend heureux de façon durable, ce n’est pas de se comparer en voulant toujours plus : une grosse voiture, une grande maison, une garde-robe impeccable, un corps parfait. C’est la qualité de nos relations interpersonnelles. » Plaisirs, dès le 18 juin 2026. Art plastique au Centre d’exposition Louise-Carrier