Face à l’urgence climatique, les musées québécois repensent leur modèle entre écoconception et gestion durable des collections. Regard sur un secteur qui tente de conjuguer conservation du patrimoine et préservation de la planète.
Portée par sa mission de soutien et de rayonnement du milieu muséal, la Société des musées du Québec (SMQ) a notamment placé la transition écologique au cœur de son plan stratégique 2024-2027. Regroupant quelque 300 institutions, l’organisme à but non lucratif s’est engagé à propulser les établissements et les professionnels du milieu comme des acteurs incontournables du changement.De l’accompagnement vers des pratiques écoresponsables à la refonte de la charte de développement durable, en passant par la réalisation d’études de vulnérabilité climatique, la SMQ a déployé un écosystème de ressources et de formations pour bâtir un réseau plus résilient face aux défis climatiques.« Le rôle de la SMQ est d’agir comme un guide, d’être un phare pour les musées. Notre mission est de les accompagner, et non de leur ajouter une charge supplémentaire. Nous sommes très vigilants lors de la création d’outils, de chartes ou de guides. Il ne faut pas que ces ressources deviennent des leviers permettant aux bailleurs de fonds, qu’ils soient municipaux, provinciaux ou fédéraux, d’imposer de nouvelles exigences ou un fardeau supplémentaire aux membres de notre réseau », explique Stéphane Chagnon, directeur général de la SMQ. C’est dans cette optique qu’a été créée la trousse à outils Bonnes pratiques : Musées et transition écologique.Une réflexion communeCet outil, accessible en ligne depuis deux ans, propose des pistes de solutions adaptables à la réalité de chaque institution. « Le message qu’on essaie de faire passer, c’est que les musées ne font pas partie du problème, mais qu’ils font partie de la solution », souligne Céline Le Merlus, directrice de la transition écologique à la SMQ. Pour incarner ce tournant majeur, l’organisme propose des formations en écoconception qui invitent à une réflexion circulaire, afin de planifier chaque étape, l’acquisition stratégique des ressources comme la revalorisation des matériaux et la gestion des déchets.Responsable des expositions au Centre des mémoires montréalaises (MEM), Geneviève Larouche a suivi, comme des dizaines de ses collègues, le programme de la SMQ. En plus d’inciter à repenser les stratégies à adopter, cette formation a favorisé les rapprochements entre institutions, jouant un rôle de catalyseur. « Il y a une réelle volonté de partage et de collaboration pour gagner en force et imaginer de nouvelles façons de faire, notamment en matière d’écoconception », souligne-t-elle. Engagée dans cette dynamique, Mme Larouche a rejoint le comité organisateur de MUSECO, une communauté de professionnels réunis autour de l’adoption de pratiques écoresponsables visant à réduire l’empreinte environnementale des institutions muséales.








