Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Culture Culture Culture Festival de Cannes 2026 Festival de Cannes 2026 Festival de Cannes 2026 Le cinéaste, maître du film néo-noir, signe un bijou sombre, qui voit un couple modeste et heureux pris au piège de la mafia russe. Article réservé aux abonnés SÉLECTION OFFICIELLE – EN COMPÉTITION En découvrant le neuvième long-métrage de l’Américain James Gray en compétition officielle au Festival de Cannes, on se demande – question tordue de critique de cinéma – s’il sera un jour possible, n’allons pas jusqu’à dire de ne pas aimer, du moins d’aimer un petit peu moins, un seul de ses films ? C’est encore mal parti avec ce Paper Tiger, qui démontre une intelligence, un lyrisme, une sensibilité qui vous cueillent à chaque fois. Somptueux orfèvre, avec Michael Mann, du film néo-noir – capable en même temps de signer un chef-d’œuvre du drame sentimental avec Two Lovers (2008) ou un récit de formation aussi touchant qu’Armageddon Time (2022) – il retourne aujourd’hui à sa veine de prédilection, bouclant avec Paper Tiger une provisoire quadrilogie sombre composée de Little Odessa (1994), The Yards (2000) et La nuit nous appartient (2007). Toute l’œuvre de James Gray étant une autobiographie transfigurée, son versant obscur la distille au crible de la violence tragique. D’un film à l’autre, les lieux et les motifs reviennent à la manière d’une hantise, variant les pôles et les configurations, conservant le Mal, la pitié, la beauté. New York. Le Queens. Brooklyn. Brighton Beach. La diaspora juive fuyant la Russie pogromiste. La famille comme cocon et malédiction à la fois. Les mères qui meurent toujours trop tôt. Les pères faillibles. Les filiations explosives. Les fraternités houleuses. L’indicible terreur des enfants menacés. Le fatum comme une hache, dont la mafia russe installée aux Etats-Unis, important une barbarie archaïque dans le Nouveau Monde, serait l’incarnation contemporaine. Il vous reste 72.43% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.
Au Festival de Cannes 2026, dans « Paper Tiger », en compétition, James Gray foudroie le rêve américain
Le cinéaste, maître du film néo-noir, signe un bijou sombre, qui voit un couple modeste et heureux pris au piège de la mafia russe.











