Claire Chapoutot, alias Clea cuisine, à Grenoble, le 23 juillet 2025. JULIE BALAGUÉ POUR M LE MAGAZINE DU MONDE

« L’alimentation m’a toujours passionnée et, enfant, j’ai beaucoup regardé ma mère cuisiner. Pour elle, c’était très important d’aller prendre le lait et les légumes à la ferme, de cuisiner local, avec les bons produits du coin. Or, durant mon adolescence, le village savoyard où j’ai grandi, Gilly-sur-Isère, a connu l’un des plus gros scandales écologiques de l’époque : l’affaire de la pollution à la dioxine [cancérogène avéré], issue d’un incinérateur de déchets, qui a envahi les sols, les fermes environnantes et notre quotidien.

Nous nous sommes rendu compte que les « bons produits » que nous consommions étaient pollués. Cela nous a incités à nous tourner vers l’unique magasin bio des environs, Satoriz, à Albertville. Ma mère cuisinait très peu de viande, et elle excellait dans les déclinaisons de légumes, légumineuses et céréales : gratins, tartes, crumbles, galettes, boulettes…

Cela a ouvert ma curiosité, tout en scellant mes convictions sur l’importance d’une alimentation simple, saine et majoritairement végétale. J’ai commencé à tester des idées et à créer un cahier de recettes illustrées, comme un « pré-blog ».