Hors-série. Nos cuisines n’ont jamais vécu un tel coup de feu ! Le confinement, d’abord, a durablement aimanté les amateurs à leurs fourneaux. Et si les forçats du pain fait maison et autres stakhanovistes de la tambouille matin, midi et soir ont un peu levé le fouet, une large majorité de Français restent attachés à leurs marmites.
Selon une étude menée par Harris Interactive, en 2024, sur un échantillon de 1 058 personnes, 63 % de celles qui déclarent cuisiner estiment qu’elles le font par passion plutôt que par obligation. Dans un monde un peu trop numérique, faire la popote est devenu un moyen de se reconnecter, mais au réel. Une joie simple, transgénérationnelle, qui se prolonge à table, fourchette en main. Un phénomène auquel est consacré le dernier hors-série du Monde « Big bang dans l’assiette. Délices et déconfiture » (100 pages, 12,50 euros).
Les professionnels de la restauration ont eux aussi vécu une période de basculement. Les émissions spécialisées de télé-réalité bien ancrées (« Top Chef » fête ses 15 ans !) et les réseaux sociaux ont mis en pleine lumière une nouvelle génération de chefs stars. En moins de deux décennies, les cuistots sont passés de l’ombre à la surmédiatisation. Le parcours de l’étoilé parisien Mory Sacko est à ce titre emblématique. Quand il commence sa formation, dans le courant des années 2000, le métier de cuisinier est encore, comme il le dit lui-même, « une voie de garage ». Le trentenaire, qui a fait la couverture du magazine Time en 2023, cumule aujourd’hui des centaines de milliers d’abonnés sur Instagram, dispose de sa propre émission de télévision (« Cuisine ouverte », sur France 3), a ouvert un restaurant avec Louis Vuitton et prête sa voix à une récente production Disney (Mufasa. Le Roi Lion).






